Wil et ses moulins - 15 novembre 2015

Le trail de la vallée des moulins à Lanhouarneau (29 km)

          Levé à 06h00 pour un petit déjeuner léger, je retrouve Manu en bas de Siam à 07h30 et nous voici partis pour rejoindre Régis au Relecq. Après deux rappels et 15 minutes de retard, sans nouvelle de lui, nous décidons de partir sans lui vers Lanhouarneau. Nous apprendrons par la suite que Régis s'est fait voler son portable et a passé la nuit à le chercher.
A Lanhouarneau, nous retrouvons Denis et Pierre-Yves. Il n'y a pas trop d'attente à la prise des dossards, on me demande quand même mon certif alors que j'ai ma licence, puis on me demande de signer une décharge alors que j'ai présenté ma licence. Bref avec un peu d'explication auprès de bénévoles sur l'utilité des différents papiers j'obtiens mon dossard sans avoir montré autre chose que ma licence.

Avec Manu à la voiture, nous nous préparons. L’éternel question se pose : comment se fringuer en haut : court, long, etc...J'avais opté pour des manchons mais je vois qu'il va faire beau alors ce sera juste un haut sans manche avec un col zippé et le foulard en tube en plus.

Nous rejoignons le départ et le speaker nous invite à une minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Paris de la veille. En fait, l'organisateur nous demande, quant à lui, des applaudissements plutôt que du silence. Nous sommes à 5 minutes du départ, l'ambiance monte avec la musique, il y a un peu d'échauffement avec une personne de l'organisation qui est montée sur le podium nous montrer les mouvements. L'organisateur nous donnes les dernières consignes. Il dit que c'est un trail de 29km et quelques, vraiment technique et qu'il faut en garder sous le pied pour la fin (OK je sais à quoi m'en tenir, ça va être dur !).

          Tous les 4, Manu, Pierre-Yves, Denis et moi nous nous plaçons dans les derniers et top c'est parti dans une super ambiance. Nous franchissons le stade pour partir dans les faubourg de Lanhouarneau. Au niveau de Kergollay, nous quittons la route très rapidement pour passer dans les champs, sur un chemin qui reste assez large. Nous plaisantons tous les 4 : Au bout de 1 km on se dit entre nous qu'il faut en garder sous le pied pour les 28 dernier. J'annonce au reste de la bande que je ne suivrai pas à cette allure et je me cale sur un groupe de 4 personnes de Cleder. Je semble être sur une allure autour de 5'45 min/km ce qui me va bien (sur route c'est plus que le semi et moins que le marathon pour moi, même si en trail avecles nombreuses variations de terrains, cela ne veut rien dire). Au 3ème km, on s'enfonce dans les sous-bois et les difficultés commencent : passage de boues et d'eau qui alternent. Quelques chemins plus loin nous traversons le moulin de Lansolot sur un joli pont.
Nous voici en plein dans la vallée des moulins qui est traversée par le cours d'eau "La Fèche".
Après le moulin, car nous passons au milieu des bâtiments, nous retrouvons les champs et quelques passages en forêts pour arriver au 5ème km à Kerougant, où nous retrouvons un peu de bitume et de quoi relancer. Enfin pas pour moi la relance, car je ressent déjà un peu de fatigue et je sais déjà que ce trail va être bien long.
Nous quittons le bitume pour de nouveau retrouver les champs et enfin les ribines et les sous bois sombres qui longent la D29, la route de St Derrien. Nous sortons de monotraces très techniques, en devers et avec de belles montées et des descentes très raides marquées "danger". Le marquage au sol, les rubalises et les nombreux panneaux sont appréciables et font que ce parcours est très bien balisé. Nous traversons la route pour rejoindre le  Moulin de Coat Merret. Ici, au 6ème km, nous attends un ravito et des bénévoles qui nous disent de bien faire des provisions car le prochain n'est pas pour tout de suite et d'ailleurs elle ne savent pas quand il est. Les jeunes sont déguisés en animaux, l'ambiance est festive. L'endroit est joli, on a une belle vue sur un plan d'eau élargi en aval du moulin.

Depuis quelques km j'avais lâché le groupe de Cleder et dépassé un barbu, pour me retrouver avec un gars du Morbihan, genre V2 et avec qui nous avons entamé la conversation. Il m'a demandé ma plus longue distance (Belle Ile : 45 km) et m'a dit que lui a fait le demi-tour du Golfe du Morbihan (plus de 80 km quand même). Au ravito de Coat Merret, il repart plus vite que moi et je ne le rattraperai pas du reste de la course. On repart dans les chemins puis vers les champs. Là je me rend compte que je baisse nettement en allure, sans vraiment analyser pourquoi, juste la fatigue. Ce trail va se faire au mental, j'en ai peur. Nous passons mais de loin près d'un autre moulin : Milin Brezal Constancou.

          Vers le 9ème km un véritable mur m'attend (puisque désormaisje cours tout seul, le gars du Morbihan en orange, je l’aperçois quelques dizaines de mètres devant). Je le monte avec les mains sur les cuisses mais il fait mal. En haut il y a un panneau "ça c'est fait" avec un petit bonhomme qui se repose. On en verra d'autres des panneaux comme celui-ci, c'est assez amusant. et je repars en direction de St Méen
Au 10ème km, je suis à 1h10, je pense donc que je peux finir en 3h30 (alors que je tablais sur 3h15 avant le début de la course). A Kerpoziou se trouve un croisement "aller 28 km" et "retour 28 km". Je demande en blaguant au bénévole si je prend bien l'aller, il me dit que de toute façon l'autre est fermé et qu'il me verra tout à l'heure. C'est une belle portion et le soleil est visible mais il y a pas mal de nuages et on aperçoit les rayons les transpercer, c'est joli et ça forme des triangles de lumière qui se superposent.
Vers le 11ème km, sur un chemin de feuilles mortes, je butte du pied gauche et perd l'équilibre. J'essaye de me rattraper en lançant ma jambe droite vers l'avant mais au moment de la mettre en extension, j'attrape une crampe au milieu du mollet droit ! Je m'étale par terre dans les feuilles sans gravité. Ce n'est pas fréquent pour moi et là ça va mal. Je fais le point. Je marche un peu et je prend un gel. Le barbu me rattrape et me double avec un petit bonjour et j’entends le groupe de Cleder qui arrive. je repars pour faire le tour de Méen, qui sera très roulant et avec pas mal de bitumes mais sur lequel je me sens complètement à la dérive.
Du 12 au 17ème, je vais me traîner lamentablement et finir par me faire doubler par le groupe de Cleder. je ne tiens même pas mon allure marathon ! Je suis plutôt à 6'30 sur le plat et à 7' et plus en sous-bois. Je pense que je suis alors dernier de la course et ça me fiche un coup au moral. Je prend une barre céréale pour me redonner un peu d’énergie. Heureusement, la boucle autour de Méen se termine bientôt et je retrouve bientôt des jambes. Je repasse au croisement, et prend un verre d'eau en passant en saluant le bénévole de tout à l'heure.

          Vers le 20ème je suis à 2h20, donc toujours dans les temps pour 3h30, malgré le coup de fatigue. Par contre, comme le prédisait l'organisateur, les difficultés commencent et vont s'accumuler. Des murs, des descentes dangereuses ("panneau danger"). Ma crampe se fait parfois sentir lorsque j'ai le mollet droit en extension. Un peu plus tard, je remonte mon copain le barbu qui dit que ce trail ne lui convient pas car trop de bitume et trop roulant (!!!). Il est vrai que dans la boucle autour de St Méen on a eu plusieurs passages sur route. Vers le 22ème, il y a la traversée de la rivière "Fèche" avec derrière une remontée boueuse difficile à négocier. Heureusement, deux bénévoles sont là pour me conseiller. J'en ai plein les mains, je m'essuierai sur l'herbe plus loin. A proximité de "Moulin Soul", vers le 25ème, j’aperçois une superbe vue sur la vallée des moulins qui mérite bien son nom. Le coin est magnifique.
J'arrive bientôt de nouveau en aval du Coat Meret, vers le pont où le parcours nous fait passer dessous, dans l'eau froide jusqu'aux cuisses et sur une vingtaine de mètres environ. Les bénévoles me font passer et m'encouragent, c'est sympa et c'est le cas tout du long. D'ailleurs il y a des jeunes déguisés en animaux dans ce coin là pour le fun. c'est vraiment familial. Les membres glacées et des sensations de poteaux à la place des jambes pour me remettre à courir se font sentir derrière. Plus loin, je croise et je dépasse une jeune femme qui est dans le dur dans une montée, qui nous oblige à marcher comme depuis un bon moment toutes les montées qui se succèdent. Je lui souhaite "bon courage" et "on est bientôt arrivé". Plus loin il y a une montée avec une corde sans doute du côté de Ty Kuzet. Là, de nouveau des jeunes déguisés, nous offrent un peu de ravito proche d'une cabane qui marque "plus que 5 km"). Un enfant m'offre un bonbon, c'est vraiment sympa et ça marque toujours cette super ambiance familiale.

          Bientôt la fin, je retrouve des jambes. Je quitte les sous-bois et là, une violente nausée me prend... C'est une première aussi, comme la crampe, et je ne sais pas trop quoi faire. J'inspire longuement et ça semble passer. Plus que 2 km, on retrouve une grosse partie de passage avec de la boue et plus aucun passage d'eau pour se laver les mains.
Je finis avec de bonnes jambes, autour de 5'30 au km et après un peude bitume, je rentre dans Lanhouarneau puis sur le stade. Je maintiens une bonne allure depuis le bitume. J'approche de l'arche, c'est grisant même s'il n'y a plus trop de monde. Le franchissement de l'arche est une vrai délivrance, au bout de 3h36. Je rencontre l'organisateur et on discute (comme je suis dans les derniers, il a un peu de temps). Très sympa, je le félicite pour l'organisation car il y avait des bénévoles partout, des sourires et des encouragements.
Aux jets d'eau pour nettoyer les chaussures, je croise le groupe de Cleder que je félicite, ils ont bien mieux gérer la course que moi. Dans la grande salle couverte, je retrouve Pierre-Yves et Manu, autour d'une bière, qui me pressent d'en prendre une avant qu'il n'y en ai plus et m'indiquent la direction des crêpes. Quelques crêpes et un bol de soupe plus tard (pour faire passer la bière) nous repartons avec Manu qui est allé chercher notre lot : des cageots de légumes (potiron, pommes de terre, oignons, échalotes, tomates, poireau et choux romanesco).
On entend les bénévoles qui vont accueillir le dernier. Je croise le barbu, avec Nadine qui nous a photographié, les gens de Cleder qui sont arrivés avant moi. C'était un superbe trail dans une ambiance festive et familiale qui mobilise tout un village. Il est vraiment à faire mais il faut être bien préparé.
Je regrette juste d'avoir eu des défaillances inédites. Cela me fait penser que la reprise après marathon a certainement dû n'être pas assez progressive et trop rapide. Avec juste le 13 km du TNT une semaine avant, je sens qu'il me manquait une étape avant de faire un 29 km, mais je le savais.

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