Régis se lance dans le challenge - 3 février 2014

Dimanche 03 février 2014, courses de St-Divy.

Avant de conter la première étape du challenge de l'Elorn, petit résumé de ce qui s'était passé à Douarnenez le 19 janvier.

<Douarnenez>

Pour faire court, trajet aller avec Seb et Denis en voiture où ça causait bricolage, arrivée à Tréboul où il faisait grand beau et moins froid que dans les terres, et où nous retrouvions Christophe notre représentant en finistère sud. Petite anecdote lors des inscriptions où il fallait patienter : c'est l'histoire d'un mec, qui après avoir attendu plus de 20' dans une file d'attente pour prendre son dossard, se rend finalement compte que ce n'est pas la bonne en voyant peu à peu plus distinctement les plages de numéros sur le panneau... Pas drôle mais ça nous a bien fait rire tout de même. Petit échauffement et départ des 10km de Douarn’ avec deux boucles, chacune de 5km avec de la descente entre la salle de sports de Tréboul et le port, et du faux-plat montant autrement. A l'arrivée, personne n'a battu son record sur 10km mais a eu sa part de Kouign Amann et un beau t-shirt orange. J'ai moins souffert sur le parcours cette année tout en faisant un temps plus médiocre, à mettre sur le compte du manque d'entrainement et d'un départ beaucoup plus prudent. Parcours jugé assez difficile par mes compères mais globalement très sympathique (à part peut-être le grand faux-plat montant sur bitume côté Douarnenez, rive droite, la partie la moins appréciée à l'unanimité). Autre satisfaction, le grand beau temps si rare en cette période. Finalement retour à Brest en voiture où nous parlions toujours bricolage.

</Douarnenez>

 

Enfin, revenons au sujet principal, la première étape du challenge de l'Elorn dont la première manche se déroulait à St-Divy le 3 février 2014, et était attendue par de nombreux coureurs. Si ce challenge n'est pas un de mes objectifs cette année, la météo m'a finalement décidé à venir à St-Divy. Un insatiable besoin de me défouler m'incita à participer d'abord au 6.3 km puis ensuite au 15 km. C'est que je n'avais pas pu participer à la sortie à Plounéventer, ni non plus à Guissény où je loupe tous les ans l'inscription, n'étant pas assez rapide à la détente. Et puis en premier constat, il faisait beau à St-Divy et je découvrais un petit bourg niché au milieu d'une campagne discrète et préservée sur les hauteurs de Landerneau. Après avoir retiré le dossard ainsi qu'une paire de chaussettes en cadeau, je fis mon échauffement consciencieusement en vue d'un effort qui s'annonçait assez violent. Le départ était donné au Sud du bourg à 9h30. Ca partait à toute berzingue dans le bourg, en 3'30/km, et moins pour les meilleurs. Surprise, Sébastien B., nouveau Goélo était présent et s'était porté à ma hauteur dans le bourg. Nous continuâmes ensemble, en ralentissant le rythme à la sortie du bourg côté Est pour repasser au-delà de 4'/km. Nous étions franchement partis comme des gogoles, il était urgent de trouver une allure raisonnable. Après du plat sur bitume, nous revenions au bourg par un chemin terreux humide en faux-plat montant. Acclamations et encouragements des spectateurs, il y avait du monde dehors par ce beau temps. Les nombreuses personnes étaient aussi présentes pour l'association "Pour Owen" et dire non à la violence routière, en mémoire d'un jeune garçon fauché par une conductrice sous l'emprise de médicaments. Nous ressortions du bourg toujours côté Est, mais cette fois-ci la boucle s'annonçait plus longue et empruntait une partie du 15 km. Nous avions trouvé avec Sébastien un rythme convenable quoiqu'un peu lent de 4'30/km sur une telle distance. Après du plat et de la descente jusqu'à l'extrémité Est du parcours, nous devions composer avec une première côte. Si elle n'était pas très raide elle était assez longue, et nous prenions en plus dans les naseaux les gaz d'échappement d'une volkswagen Passat qui passait par là. Pas vraiment agréable et nous approchions de 5'/km en haut de la côte. Les deux tiers du parcours étaient déjà effectués quand un replat nous permit de nous remettre de la côte et réaccélérer un peu. Nous n'eûmes pas trop le temps de récupérer car après un dernier virage à droite, nous étions au pied de la côte finale qui nous ramenait au bourg vers l'arrivée. Il fallait tenir, ne pas tenir compte des personnes en difficulté, ne pas lâcher mentalement lorsqu'un autre nous dépassait, ne pas céder face aux incommodités odorantes lorsque des voitures passaient sur l'autre voie de la chaussée. Nous étions toujours ensemble avec Sébastien, lorsqu'en haut de la côte, je me fis dépasser par un gars qui était déconcertant de facilité. Un peu vexé et voyant au bout la ligne d'arrivée après 200 m de faux-plat descendant, j'eus un coup de nerf et assez de forces pour accélérer et finir au sprint devant le gars en question. Sébastien arrivait 20s plus tard. Pas mal, nous avions fait une belle course en terminant en 29' et des brouettes, en milieu de tableau à peu près. Mention "peut mieux faire" pour chacun de nous deux, aller chercher 27'30 sur ce genre de parcours est possible. J'étais content et cette petite course m'avait bien calmé, le parcours n'était pas des plus faciles, avec en plus deux belles côtes sur la fin que le 15 km empruntait.

 

Je réfléchissais d’ailleurs pour savoir si c'était raisonnable ou non d'enquiller la seconde course. Ma satisfaction de la première course, le soleil et la vue d'autres Goélos pour le 15 km ne me laissèrent pas indécis très longtemps. Comme dans "Questions pour un champion", ma réponse fut un "Je reste !" enthousiaste. Je pris donc deux ou trois verres d'eau et alla récupérer mon dossard pour le 15 km. Question échauffement j'étais bien, tellement bien que les mouches pouvaient déjà me tourner autour et que je n'aurais eu aucun mal à me faire de la place au départ. Pour dire bonjour, c'était bien péteux que je faisais la bise aux Goélo'princesses encore fraiches, Agnès, Catherine, Julie, et un peu plus tard Bénédicte sur la ligne de départ. Pour les gars ce ne fut pas trop gênant, une franche poignée de main à distance raisonnable préservait les nez sensibles. Question gars il y avait Arnaud, Fabien, Jean-Paul, Pierre-Yves G, Seb M., Wil, et Nico le Béné'Man. Je me plaçais en queue de peloton avec Agnès, Catherine, Julie, PYG, Jean-Paul et Wil, en comprenant très vite que Wil avait un travail d'allure à faire pour sa prépa marathon. Ça m'allait très bien. Le départ était donné à 10h30, je jouais des coudes et papotais avec Nadine des Cavaleurs et Agnès, saluais dans le bourg Maurice et Pierre-Yves LG venus nous encourager. Plus loin, c'est Anne qui nous encourageait également. Les Goélopeurs étaient bien présents à tous niveaux à St-Divy. Nous partîmes d'abord vers l'Est pour faire la même petite boucle que le 6 km et revenir très vite dans le bourg. J'avais rejoint pendant ce temps Julie, Jean-Paul et Wil tandis que Catherine et PYG avaient pris la poudre d'escampette. Nous refîmes un passage dans le bourg pour aller cette-fois dans la campagne st-divyenne côté Ouest. Il faisait beau et calme, mais depuis le bourg, cette quiétude était troublée par des sons pour le moins incongrus.

 

En effet, fidèle parmi les fidèles de la course à pied en finistère nord, René de la Légion St-Pierre courait à nos côtés, et ne manquait pas de donner un peu de piment à la course. Il faut croire à entendre ses multiples râles  qu'il a grand plaisir à courir. Bref, que c'est jouissif. Et je me marrais d'autant plus en surprenant la conversation entre René et la dame  Vquelquechose qui courait devant lui (- René : "Je suis dans tes cordes !" - La Vquelquechose : "Viens mon chéri, viens !", -René :" Râ j'en peux plus, je suis à bout de souffle !"  - La Vquelquechose : "Meu non !... Meu non ! Tiens bon !"). J'étais tordu de rire depuis le bourg en courant aux côtés de René. Julie rigolait moins, disons plutôt qu'elle n'avait pas envie de céder à la rigolade sous peine d'avoir des difficultés à courir. Finalement, après 5 km, notre groupe de quatre avait distancé René et nous pouvions nous concentrer à la fois sur l'allure, ainsi que sur le paysage. Nath. M, la PYG'Woman était présente sur le parcours pour nous encourager et prendre des photos. Le premier ravitaillement ainsi qu'un franc virage vers le Sud arrivaient. Jean-Paul donnait à la fois l'allure pour Wil et agrémentait la course de quelques commentaires farceurs sur lesquels j'enchainais, comme par exemple par rapport au cheval qui regardait les coureurs passer à côté du ravitaillement. Quand Jean-Paul dit "Tiens, voilà un moyen de terminer plus vite", j'interprétais quant à moi à voix haute les potentielles pensées du cheval, qui s'en retournait dans son champ après avoir fait le curieux : "Moais, ils font comme moi, ils courent, ce n’est même pas intéressant, en plus ils n'ont que deux jambes les nuls". Le premier ravitaillement arriva. Wil muni de son sac à eau continua, Jean-Paul fit un gloup de son verre d'eau qui le fit repartir très vite tandis qu'avec Julie nous marquions une pause. Julie repartit plus vite. Après un quartier d'orange, ce sont à nouveau les râles de René au loin qui m'incitèrent à repartir pour rejoindre les autres, en ramenant au passage Julie avec nous.        

 

La campagne était toujours magnifique mais un peu plus vallonnée, avec en haut d'une butte une vue incroyable sur les contreforts Sud de l'Elorn. Au septième kilomètre, il était prévu d'accélérer un peu le rythme. C'est ce qui était fait sous l'impulsion de Jean-Paul. De temps à autres je participais aussi à conserver le nouveau rythme acquis. Ce n'était pas facile d'être régulier, le terrain était vallonné et au huitième kilomètre commençait une sacrée côte qui nous ramenait au bourg. Nous parvenions à conserver dans la côte le rythme impulsé au septième kilomètre en doublant doucement mais surement pas mal (beaucoup même !) de monde. Par contre, Julie n'avait pas suivi. Nous revenions au bourg et il restait à parcourir 4 km environ, soit la grande boucle du 6 km. Je commençais à sentir les conséquences du 6 km, mes jambes étaient dures et je fatiguais. Je fis part de ma possible défection à mes collègues mais Jean-Paul et Wil m'encourageaient sans cesse, me ramenant même à la raison car je n'étais pas si cramé que cela. C'était dans la tête.

 

Le second ravitaillement était proche. Je pris un peu d'avance pour ne pas avoir à trop cravacher pour revenir ensuite. Un verre d'eau et je repartais vers Jean-Paul et Wil qui m'avaient redoublé entre temps. Je savais la fin de parcours difficile après avoir fait le 6 km et n'arrêtais pas de râler. Heureusement, en plus de Jean-Paul et Wil, Maurice et Pierre-Yves LG étaient descendus dans le dernier virage pour nous encourager avant d'entamer l'ascension finale que j'avais déjà effectuée une fois plus tôt dans la matinée. Plutôt que de subir la côte, j'avais la ferme intention de l'attaquer comme pour le 6 km, malgré la fatigue. Je courais donc en tête, espérant être le tracteur de mes compères, et faisant fi de tout ce qui pouvait être négatif, les incommodités odorantes des voitures, les coureurs qui cédaient à la marche. Je serrais les dents mais j'y arrivais en haut de cette côte, et en plus Jean-Paul avait encouragé Wil pour qu'ils reviennent sur moi. Nous parvenions finalement ensemble en haut de la côte pour finir par dévaler les 200 derniers mètres et arriver groupés sous les acclamations des Goélopeurs déjà arrivés et massés derrière les barrières. 

 

Après un 6 km satisfaisant, autres grosse satisfaction à l'arrivée avec la dernière côte bien négociée et d'avoir pu contribuer (un peu!) avec Jean-Paul à la prépa de Wil, sous un superbe soleil et sur un beau parcours. Quelques minutes après nous, c'est Agnès qui arrivait et fit aussi une superbe course, après avoir doublé Julie sur la fin du parcours. Peu après arrivait notre Julie, un peu à l'agonie, à moins qu'elle ne soit restée, écouter la douce voix de René. Bon, ce fut le petit bémol de la matinée. Il ne manquait pas grand-chose, ça allait bien pendant 10 km, y'a pas de raison que bientôt ça ne marche pas sur 15 km.

 

Une fois tous les Goélos à bon port, direction le ravitaillement de fin de course pour se restaurer et échanger, et faire quelques photos. En voilà un bon dimanche, qui avait magnifiquement bien commencé, avec du beau temps si rare en ce moment. Espérons que les courses du challenge de l'Elorn attireront autant M. Le Soleil pour 2014. Prochaine étape pour les challengers (ou challengeux?) de l'Elorn à Landerneau mi-février. 

 

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