Régis fait du bruit à Landerneau... 16 février 2014

Dimanche 16 février 2014.

La nuit du 14 au 15 février fut éprouvante, peut-être sous la couette pour certain(e)s compte-tenu de la St-Valentin mais surtout avec la tempête Ulla qui a occasionné beaucoup de dégâts en amenant avec elle des vents atteignant les 150-160 km/h à la pointe finistérienne. Arbres arrachés et déracinés, lignes électriques et téléphoniques coupées, toitures endommagées ou envolées, littoral agressé et abîmé par une mer en furie, inondations, etc... En Bretagne, nous en étions à deux mois de temps pourri presque non-stop. Après une journée du 15 février occupé comme beaucoup à effectuer des réparations l'air hébété, c'est une belle journée, encore une fois, qui s'annonçait pour les Foulées Landernéennes, la seconde manche du challenge de l'Elorn. Décidément, quand les coureurs se réveillent, il se montre enfin monsieur le soleil. Les trêves météorologiques des deux derniers mois ne concordaient pour ainsi dire qu'avec les courses du dimanche ! J'arrivais avec Arnaud à Landerneau, bien en avance du côté de Mescoat.

Direction la salle de sports pour prendre les dossards, en mode peinard, nous avions trois-quarts d'heure d'avance. A Landerneau, pas de possibilité de faire la petite course et la grande dans la foulée, les deux partant en même temps. Je m'inscrivais sur le 15 km, ça fera déjà deux courses pour le challenge. Ce n'est pas mon objectif cette année mais je me prenais peut-être au jeu petit à petit, d'autant plus que je ne pouvais pas manquer la suivante course du challenge au Relecq-Kerhuon. Il faut valider sept courses longues sur douze pour être classé au challenge et bénéficier ainsi en fin d'année d'une invitation pour aller à une soirée repas qui d'après plusieurs échos vaut le coup. Après la prise des dossards, nous avions le temps de prendre un café avant de retourner s'équiper à la voiture. Bonne surprise, la gendarmette du CSLGTV qui m'avait déposé à Trévarez était présente également. Châteaulin n'étant pas la porte à côté, ça fait toujours plaisir de voir des coureurs qui ne font pas partie des têtes habituelles mais que l'on voit lorsque l'on se déplace un peu plus loin. A vrai dire, il y en avait du monde, énormément de monde même. Agacés voire énervés par la météo dont la toute récente tempête, beaucoup se sont bougés pour venir à Landerneau courir sous le soleil.

 

Côté Goélopeurs, nous étions dix : Agnès, Stéphanie M., Arnaud, Christophe, Denis, Fabien, Patrick, Seb, Yann, et moi. Après quelques tours sur la piste de Mescoat en guise d'échauffement, j'étais paré pour le départ qui s'annonçait pour le moins assez compliqué à mettre en place, vu que le 8 km et le 15 km partaient ensemble et que les coureurs étaient venus en masse. Un certain temps fut nécessaire pour faire reculer tout le monde derrière la ligne de départ et attendre les quelques étourdis encore en train de tourner autour de la piste ou partis faire un pipi de dernière minute. C'est finalement à 10h10 que le départ était donné, et comme l'avait prédit le speaker, les premiers venaient en effet "chatouiller les fesses des derniers après un tour de piste" avant de s'élancer dans la campagne. Je partais dans le dernier quart afin de trouver mon rythme au fur et à mesure, étant incapable de me mettre tout de suite à bonne allure. De toute façon, je n'avais pas prévu de faire un temps sur ce parcours réputé assez difficile parmi les connaisseurs et restais prudent. Après le tour de piste, nous entamions une petite côte en bitume, puis du plat. Je continuais mon chemin sur le plat avant de tourner assez vite dans une descente sur la droite, après avoir passé la route de la voie rapide Nord de Landerneau. Au bout de la descente, un ruisseau ponté de palettes et un chemin en terre un peu gras qui repartait vers l'Ouest, les personnes parties trop vite souffraient déjà alors que nous en étions à peine au second kilomètre. Je commençais ma lente ascension dans le peloton pour enfin trouver mon rythme. Après environ 500 m de chemin de terre grasse, retour sur du bitume avec une côte à négocier pour arriver dans un hameau.

 

Au détour d'un virage à gauche qui nous ramenait sur du plat, beaucoup de spectateurs étaient présents et profitaient également du très beau temps du jour, décidément rare et précieux en cet hiver 2013-2014. Certains en avaient profité pour sortir la sono, j'avais droit comme morceau à "Smoke on the water" de Deep Purple lors de mon passage. Après un peu de plat de relance, nous repartions plein Nord dans une succession de petites descentes et côtes. Je doublais et encourageais Stéphanie dans cette partie, un peu avant de tourner encore à droite aux alentours du 4ème kilomètre pour débarquer sur une allée en terre avec des arbres de chaque côté. L'allée montait très légèrement et avait un revêtement chaotique avec de nombreux trous et pas mal de flaques d'eau. J'apercevais au bout des maillots jaunes, le fluo de Patrick et aussi le pâle de la gendarmette châteaulinoise. J'avais de quoi me motiver. Au bout de l'allée, encore un virage à droite et deux cent mètres après le virage se trouvait un ravitaillement où je m'arrêtais prendre de l'eau. Problème, en repartant, je n'avais plus en ligne de mire ni Patrick, ni la gendarmette. Je m'étais arrêté trop longtemps au ravitaillement, comme d'hab'. Au moins, le rythme était trouvé, je n'avais qu'à continuer ainsi. En bon indicateur, je commençais à jouer au chat et à la souris avec plusieurs autres coureurs : "Je te dépasse, tu me dépasses, je te re-dépasse, tu me re-dépasses, et ainsi de suite ...", c'était le signe que j'avais trouvé mon allure et des coureurs avec qui lutter et s'entraider. Après ce premier ravitaillement, nous revenions vers le hameau où il y avait de la musique et la bifurcation entre le 8 km et le 15 km.

Je repartais donc sur la droite pour une seconde boucle. A peine cette seconde boucle entamée, je m'arrêtais encore prendre de l'eau avant de continuer la route en direction du Nord-Ouest, du côté de St-Thonan. Le relief n'était pas si prononcé que cela, mais les alternances de petites côtes et descentes s'étaient déjà bien faites sentir après la première boucle. Vers le 9ème kilomètre, je m'arrêtais pour un 3ème ravitaillement en eau, surpris d'être arrivé presque au niveau de la N12. Du parcours, nous pouvions voir la voie express très proche et les voitures qui passaient dessus, de même que les bruits d'avions de l'aéroport nous parvenaient distinctement aux oreilles. Je continuais toujours en jouant au jeu du chat et de la souris. A l'extrémité Nord du parcours, surprise ! Anne était venue en vélo jusque-là pour encourager les Goélopeurs, et ne se doutait pas à quel point ses encouragements furent appréciables et appréciés. En effet, peu avant le 10ème kilomètre, c'est un faux-plat montant assez long qui se présentait devant nous. Et question "faux-plat", celui-là était en quelque sorte très faux vu qu'il montait bien et surtout qu'il était interminable... Au 11ème kilomètre je n'en voyais pas encore le bout. Vers les 11.5km, je craquais carrément, non pas que je me mis à marcher lamentablement comme je pus le faire une semaine plus tôt à Trévarez, mais plutôt que je fus pris soudainement par un syndrome de  Gilles de La Tourette de la course à pied assez effrayant pour mes plus proches voisins coureurs. Un extrait parmi d'autres : "Mais Put... d. b..... d. m.... ! Q.... e..-c. q.'i. v. s. t....... c. p..... de faux-plat de m.... à l. c.. !"

 

Ce n'est qu'à l'approche du 12ème kilomètre lorsque je reconnus l'allée en terre avec les arbres de part et d'autre de la première boucle que je redevins plus calme. Et les jambes aussi. Le méchant faux-plat montant en complément des diverses alternances de montées-descentes précédentes réduit à néant mes chances de faire la chasse pour essayer de rejoindre Patrick. Je prenais un dernier ravitaillement en eau et un quartier d'orange avant de redescendre à Mescoat. Le retour était plus sympathique qu'à l'aller dans le chemin en terre. Mais il fallait encore remonter la dure et longue côte qui était la belle et courte descente à l'aller avant d'arriver au stade. Je marchais à la fin de cette côte, mes jambes ne suivant plus. Enfin, la redescente vers Mescoat, la délivrance ou presque, car il restait un petit tour à faire en contrebas du stade ainsi qu'un 300 m pour rallier l'arrivée sous les encouragements (ou plutôt les remontrances et engueulades !) de coach Seb. J'arrivais rincé, en 1h15' environ, 2' derrière Patrick, et plus de 6' derrière Nolwenn, la jolie belle-soeur de Seb revenue prendre temporairement du startijenn au pays. Certes j'étais fatigué et avais une fois de plus eu des faiblesses avec trop de temps passé aux  ravitaillements et un manque de volonté pour courir dans la dernière côte, mais j'étais satisfait de ma course. Peut-mieux faire, oui, mais il faut d'abord que je revienne à un rythme et à un volume d'entrainement minimal adéquats.

 

Tout s'est bien déroulé, sous un grand soleil, et je repartais sur Brest avec Arnaud avant d'aller rejoindre mes pénates et profiter aussi comme tout le monde l'après-midi d'un rare moment de présence de monsieur le soleil.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire