Régis chasse le loup

Entre Chien et Loup, Le Cloître St-Thégonnec, 5 janvier 2013

 

Pour entamer 2013, il était possible d'éliminer les excès des fêtes de fin d'année en allant participer au trail nocturne Entre Chien et Loup au Cloître St-Thégonnec, organisé par le club Redeg 29 de la commune voisine, Plourin Les Morlaix. Aussi, RDV était pris non pas au petit Kerzu cette fois, mais au parking relais de Kergaradec pour un départ vers le Cloître peu après 16h, avec deux véhicules remplis de Goélopeurs et Forres'team. J'avais pris place dans le véhicule de Benoit, avec Nathalie, Karine, une Forres'team, et Xavier. Dans l'autre véhicule se trouvaient Maurice, Pierre-Yves, Hervé et Yann. Pendant le trajet, alors que Nat' et Karine discutaient et que Benoit et Xavier en faisaient de même, je restais sage à regarder le paysage. Les étourneaux étaient revenus nombreux compte-tenu de la douceur actuelle. Le "patator" anticyclonique au-dessus de la France empêchait à la fois tout flux d'air froid polaire et tout flux zonal d'Ouest de se réaliser. Pour ce dernier, nous en avions eu notre dose jusqu'ici avec beaucoup de pluie et quelques coups de vent en Automne dernier et en ce début d'hiver. Temps gris et calme au programme avec des températures plutôt douces. Il n'avait pas plu depuis le début d'année, et peut-être que le terrain n'allait pas être si gras au Cloître, à voir...

 

Arrivés au Cloître, direction les dossards. Aïe, j'avais oublié mes épingles. Heureusement, Benoit en avait un bon stock avec lui et je lui en empruntais trois. Je n'avais qu'à fixer mon dossard pour être fin prêt. Hervé, Maurice, Pierre-Yves et Yann n'étaient toujours pas arrivés et devaient appeler Nat' pour demander des renseignements. Il valait mieux en effet, car c'est à St-Thégonnec qu'ils sont sortis et non pas à Plourin / Morlaix-Sud. Pendant ce temps là, je me baladais à droite à gauche, les mains dans le dos, à la manière d'un touriste en visite. Béné et Mick venaient aussi d'arriver. Arrivaient ensuite Maël, Seb, puis Stéphanie et Patrick. L'autre bordée de Goélopeurs / Forres'team qui s'était égarée à St-Thé arrivait peu après. Une fois que tout le monde avait terminé de s'équiper, direction la salle pour se mettre au chaud et surtout écouter les recommandations du président du Redeg 29. Le terrain était gras voire très gras, il était conseillé de lacer solidement ses chaussures en serrant bien. Bien, le ton était donné pour cette 3ème édition d'Entre Chiens et Loups, rallongée cette année de 2 km pour en faire 15 km, et parrainée par la traileuse Sophie Gallou, que tout le monde a hâte de voir revenir sur les trails. Question participants, il y avait du monde, tout le gratin local ou presque était présent, de me que beaucoup d'habitués et de coureurs occasionnels. La compétition chez les meilleurs s'annonçait rude cette année, notamment chez les filles.

 

Après avoir écouté les recommandations de course, je quittais la salle et rejoignais la ligne de départ avec toute la meute. Nous devions reculer à plusieurs reprises car la ligne de départ n'était pas située là où était le gros des coureurs était mais bien au niveau du musée du Loup. Je me situais en fin de peloton avec Xavier et un de ses collègues en attente du départ. A 18h, top, c'était parti. Comme l'année dernière, les bénévoles percutaient des feux à main pour colorer en rouge le bourg du Cloître. Ceci dit, il y en avait moins que l'année dernière. En effet, quitte à utiliser des feux à main, autant que ceux-ci soient périmés, et un bon nombre de feux avait déjà été utilisé l'année dernière. Comme la date de péremption de ces engins c'est en général trois ans après leur fabrication, on comprend qu'il y en avait moins. Donc un appel au passage, si vous êtes marins ou en connaissez avec des feux périmés, contactez les organisateurs de noz trail près de chez vous. Ca partait tranquillement derrière, trop tranquillement à mon avis, et j'accélérais un peu pour doubler du monde dans le bourg avant de descendre dans les chemins. En descendant le chemin, je doublais Maurice et Pierre-Yves en même temps que je donnais des indications à voix haute sur la suite immédiate à venir. "C'est le début des emmerdes !" disais-je, ce qui ne manquait pas de faire rire ceux qui avaient déjà expérimenté le parcours lors d'une précédente édition. Le chemin en effet était gras, mais cela restait tout à fait praticable à ma grande surprise, du moins sur les premiers 200 m, car passé cela, aïe aïe aïe, c'étaient des vraies mares de boue qu'il fallait franchir au niveau d'un bois humide proche. Après un premier kilomètre raisonnable, le second kilomètre était lent, mais lent. Nous ne pouvions passer qu'à deux voire un par endroits, et avec mes petites pattes, je m'enfonçais jusqu'au dessus du genou. Heureusement, la boue très humide ne collait pas. Pas d'alerte à la perte de chaussure dans ce secteur, mais de la marche forcée en levant bien les genoux et en se tenant aux branches. Ma Doue, s'il cela allait être du même acabit sur tout le parcours, nous n'étions pas près d'être arrivés.

 

Heureusement, le sol était plus dur après le second kilomètre, je reconnaissais la barrière en bois ainsi que la prairie de l'année dernière. Nouveauté cette année, ceux qui coupaient la prairie l'année dernière ne pouvaient le faire cette année, au risque de se faire électrocuter par la clôture à vaches qui s'y trouvait, tant mieux, même si nous devions toujours trotter à la queue-leu-leu dans cette portion. Enfin, le terrain s'élargissait et je reconnaissais le chemin en terre qui nous amenait vers le hameau de Bodister. Je courais comme un diable dans cette partie qui n'était pas si grasse et doublais encore pas mal de monde. A la fin du chemin,  au lieu de reprendre à gauche la route en bitume directe vers Bodister, nous devions continuer tout droit. C'était du bitume en descente, bienvenu à la fois pour récupérer et décrotter les chaussures. Je doublais au début encore un peu de monde, dont deux jolies minettes, une blonde sans club apparent et une brune de Courir à Châteaulin. J'accélérais encore dans la descente, quand subitement, il fallait virer à gauche dans un chemin. Pris dans mon élan, je doublais un autre groupe de coureurs par l'extérieur et entrais dans le chemin comme Jésus, c'est à dire qu'il y avait une grosse flaque, presque un étang naturel, et je ne vis l'eau de la mare qu'au dernier moment. Tant pis, j'y allais pleine balle sans me soucier du reste et courais presque sur l'eau tellement j'allais vite. Cela m'avait permis de creuser un trou avec les coureurs derrière et de rejoindre un autre groupe devant. S'ensuivait du sous-bois beaucoup plus sec et plus agréable. Les jambes semblaient légères dans le bois après les trous d'eau du début de course mais de la montée s'annonçait longue et fastidieuse avec toutes les lentes lucioles que je voyais plus loin devant. J'avais créé un trou avec ceux de derrière et rejoint un petit groupe. Devant moi, un traileur qui ne m'était pas inconnu, c'était Benoit ! OK, voilà une bonne compagnie pour continuer. La montée dans le bois était assez rude, et enfin, le loup se manifestait. C'était toujours une sacré surprise en pleine forêt de rencontrer le loup même si il était calme cette année. Ca montait sec, et comme les autres devant, je marchais au lieu de courir. Sur le haut, alors que nous recommencions à courir, je repérais par terre une casquette rouge Humblezh que je récupérais à la volée ou presque. Cela montait toujours. Nous repassions à Bodister avec un peu de bitume après les 2 km de bonus. Quelques replats et petites descentes avaient favorisé la récupération. Après Bodister sur les chemins, à la faveur d'une côte sur terrain dur, je doublais Benoit et quelques coureurs devant moi pour partir seul avec la casquette en main. Cela montait toujours mais plus calmement. J'attendais avec impatience un endroit avec bénévoles pour larguer la casquette qui m'handicapait.

 

Enfin, après une côte terreuse mais pas trop grasse, j'arrivais à un croisement avec de nombreux spectateurs et bénévoles où je pouvais laisser la casquette retrouvée. Je poursuivais allégé, dans du chemin toujours en côte. Par rapport à l'année dernière, j'avais vraiment l'impression que cela montait plus, voire la désagréable impression que l'on ne faisait que monter. Ceci dit, cela m'apparaissait moins gras que l'année dernière sur des portions de parcours que je reconnaissais. Sans la casquette, cela allait mieux et je doublais Hervé de la Forres'team qui effectuait quelques mouvements d'assouplissement, pour les hanches qu'il me disait. Je continuais mon bonhomme de chemin sans fléchir, me sentant bien. Vers le 10ème kilomètre, je repérais un petit groupe de coureurs emmené bizarrement par une fille, Bénédicte ! Je doublais le groupe et invitais Béné à me suivre mais n'emboita pas le pas. Après le 11ème kilomètre, alors que je m'approchais de Creach Menory, j'entendis derrière une voix, celle de Maurice ! Ha ben bravo, lui que j'avais laissé avec Pierre-Yves après le 1er kilomètre, le voilà qui revenait comme une furie. De loin, alors que j'entamais les chemins gras en direction de Creach Menory, le voilà qui me chambrait quant à mes cabrioles dans la boue. Je passais dans le maintenant très connu passage à vaches où il 'y avait pas que de la boue....

 

Finalement, Maurice arrivait derrière moi à Creach Menory tandis que j'étais arrivé derrière une mignonne en veste rose. Dans la montée de Creach Menory, alors que j’étais juste derrière la jolie fille, Maurice sortait à voix haute et intelligible "Hé Regis, t'as un joli p'tit cul !". Je m'abstins de lui signifier à voix haute que c'était bien mieux juste devant moi. La remarque de Maurice avait eu l'effet de me couper les jambes. La seule chose intéressante que je trouvais à dire après le passage de Maurice, c'est que c'était l'heure de la traite à Creach Menory, la machine était en route et les vaches meuglaient. Tandis que Maurice continuait son ascension joyeusement, je restais derrière la jolie fille qui savait pas très bien quoi faire, où marcher, où courir. Après la montée de Creach Menory, alors que nous avions rejoints d'autres coureurs, la jolie fille faiblissait. Bon, je décidais de continuer seul pour monter et encore monter, avec une portion grasse où  je marchais un peu, avant de redescendre, et surtout, entamer l'ascension finale de la côte du Télégraphe. J'avais trouvé le parcours moins gras que l'année dernière sur la fin et parvenais à courir sans fléchir, en doublant quelques concurrents dans la côte. Ce n'est que sur la toute fin de la côte cette année, les 10 derniers mètres, que je m'étais mis à marcher, avant de reprendre la course. Il ne restait plus que 2 km, même pas, et c'était plus facile. Dans le même bois de pins que l'année dernière, ce n'était pas l'Ankou cette année, mais un second loup qui saluait les coureurs. Enfin, j'arrivais sur le bitume après avoir doublé quelques concurrents.

 

C'est une courte descente qui nous amenait à la salle polyvalente du Cloître. Sprinter plutôt que fondeur, je ne pouvais pas m'empêcher d'aligner deux derniers coureurs dans la descente avant de rallier l'arrivée au chaud dans la salle. Bon, en première impression j'étais content, je ne m'étais fait doubler que par trois coureurs dont Maurice. En regardant le chrono, j'étais toutefois un peu déçu, car je visais 1h30' et j'avais mis un peu plus de deux minutes de plus, certainement le début de course et les km 6-7 où j'avais un peu traîné. Je retrouvais à l'arrivée Yann, Mick et son collègue Stéphane de Brest l'Attitude Trail qui étaient là depuis un moment. Mick me fit remarquer que je n'avais pas éteint ma lampe correctement, en effet, j'aveuglais tout le monde comme un débile. Maurice était arrivé aussi peu avant. Bon, direction l'auge avec ses brosses pour se décrotter. Avec mon shorty, j'y allais carrément dedans et utilisais la brosse pour frotter tout (note : mieux vaut le shorty ou le short que le corsaire ou collant long pour ce genre d'épreuves). C'était efficace et j'étais assez propre pour reprendre la voiture. Il ne restait plus qu'à sécher. Retour donc à la salle, avec soupe et thé où je vis Maël qui s'apprêtait à rentrer. A noter, Maël, premier Espoir sur la course, encore une fois, dommage qu'il n'y ait pas de récompense par catégorie. Seb, qui finit 25ème avait déjà disparu de la circulation. Allez, un autre petit bol de soupe en attendant. Voilà Béné et Benoit qui arrivaient ensemble, puis Hervé, puis Xavier. Pierre-Yves arrivait 5' plus tard. Décidément, son don du sang faisait encore effet, car Pierre-Yves, affaibli, n'était pas du tout à sa place habituelle. Une dizaine de minutes après, c'est Nat' et Karine qui arrivaient tout sourire, puis 5' encore après, Stéphanie et Patrick terminaient ensemble, avec de la buée sur les lunettes à Steph à cause de la chaleur ambiante dans la salle. C'était le moment d'échanger sur la course et de partager les impressions. Chez les cadors, c'était Julien Guéguen qui remportait la 3ème édition, soit, l’ensemble des éditions depuis le début, mais il dut s'employer un peu plus pour contrer les traileurs talentueux comme Laurent Jaffré, Francois Herisson et Laurent Thomin, à peine deux minutes derrière. Côté fille, la belle Mélanie Toullec devait céder la première place à l'également jolie Raphaëlle Jourdrin (Fabien, je comprends pourquoi c'est ton lièvre sur courses sur route !), les nord-finistériennes restaient maîtres en Finistère nord devant les sudistes Stéphanie Le Floc'h et Solenn Le Goff.

 

Après deux bols de soupe supplémentaires, retour à la voiture et vers Brest. Le trajet fut calme et agrémenté d'échanges autour de la course. Tout le monde était satisfait de sa course, notamment Xavier pour qui c'était le premier trail de nuit. Maintenant il saura, il ne faut pas être trop timoré et y aller franchement, c'est comme de jour ou presque avec une bonne frontale. Karine et Nat' étaient aussi très contentes. Karine, d'un petit gabarit (une véritable "crevette") s'est affranchie sans problème des mares de boue. Personnellement, j'ai aimé, et en plus, il y avait moins de bitume cette année et de passages en hameaux (ou j'ai rêvé...) , avec en impression super agréable, le fait de voler et d'avoir des jambes super légères après chaque passage boueux où l'acide lactique montait facilement dans les cuisses, grâce aux nombreuses relances. En plus, le parcours à partir du 4ème kilomètre n'était pas plus gras que l'année dernière (en tout cas moi j'ai trouvé). Vivement l'année prochaine ! En ce qui me concernait, je me concentrais déjà sur le lendemain, car j'avais au programme d'aller manger du Kouign Amann à Douarnenez, après une petite course bien sûr.

Vous devez être connecté pour poster un commentaire