Régis au Tro Milinou - 4 avril 2015

   

 Trail Tro Milinou (aussi trail des Roc’h), Loc-Eguiner St-Thégonnec, samedi 4 avril 2015 

  

                     C’est dans le cadre du challenge de l’Armorik Trail que je me rendais à Loc-Eguiner St-Thégonnec pour la 3ème manche du challenge, en participant au 27km. Je n’étais pas seul car nous nous déplacions à deux avec Wil en covoiturage pour rejoindre le petit bourg au pied de l’ubac des Monts d’Arée, aussi baigné par la rivière Penzé. Nous discutions de tout et de rien pendant le trajet, mais ayant un intérêt commun pour l’électronique, le sujet principal devint assez vite l’Arduino. Le temps de trajet passa vite, et après trois-quarts d’heure de route, nous étions rendus à Loc-Eguiner St-Thégonnec vers 15h15, ce qui nous laissait du temps pour nous préparer vu que le départ était à 16h. Garés dans un champ une centaine de mètres au dessus du bourg, nous revenions vers le boulodrome municipal situé à côté de l’école St-Jeanne d’Arc, dont l’APEL était organisatrice du trail. En première anecdote, je dois dire que je fus remboursé de 6 euros payés sur Yanoo à l’inscription. Comment ça ? Et bien pour les étourdis, sachez que Groupama, sponsor du challenge, organise des jeux (c’est juste une loterie) pour gagner son dossard, et que justement, j’avais joué auparavant en cliquant sur un lien… Et ça a marché car je me suis retrouvé avec quelques uns à ne pas devoir payer mon engagement. Je courais donc gratis. Pensez-y pour les prochaines courses. Seconde anecdote, j’avais déjà couru le matin 8km, et me suis bien gardé de le dire à Wil sinon il m’aurait engueulé. En effet, j’avais du parcourir ces 8km le matin, de préférence en courant. Je ne vais pas dire pourquoi mais je veux bien payer un Mars à celle ou celui qui trouvera la réponse (indice : j’aurais très bien pu faire ces 8km en vélo ou en transports en commun, mais courir c’est moins cher et une logistique plus simple). J’étais donc venu à Loc-Eguiner avec 8km du matin en plus du fartlek du jeudi précédent qui avait déjà laissé des traces. Bref, pas un jour pour faire un chrono.

 

                     Une fois l’inscription effectuée, nous revenions à la voiture avec Wil pour les derniers préparatifs, en croisant d’abord Béné venue avec Nico et des coureurs du Plougastel VSN, et un peu plus tard ô surprise, Céline ! Tous étaient venus pour le 13km et je pariais déjà sur un double-podium féminin pour nos Goélopeuses, ne sachant pas trop dans quel ordre elles allaient arriver, Céline étant plus route mais plus rapide, et Béné plus trail et plus à l’aise avec du dénivelé. Une fois préparés, nous redescendions avec Wil jusqu’au boulodrome pour le départ. Encore une surprise, le départ n’était pas donné à côté du boulodrome, mais dans un champ à vaches 100m plus loin, qu’il nous fallait rejoindre avec déjà un peu de crapahute et un ruisseau à franchir. Une fois rendus dans le champ, c’était pour tous l’occasion de plaisanter sur la matérialisation de la ligne de départ. Etait-ce un alignement de pissenlits, de pâquerettes, ou encore un alignement de monticule de taupes ? En fait, il y'a avait une ligne rouge tracée sur le sol mais je ne la voyais pas, étant avec Wil en fin de peloton.

 

                     A 16h, top départ. Cela commençait par une ascension du champ pour rejoindre un chemin agricole plus plat. Et tout de suite, aïe aïe les jambes, le fartlek de jeudi était toujours bien là, pas la peine de faire des folies. Une première descente pour rejoindre les bords de la Penzé fit déjà du bien après même pas un kilomètre. Le cadre était très joli, avec des primevères partout et d’autres fleurs encore, de jeunes arbres en bordure de rivière, et un tracé sur un sentier d’humus souple. Cela se corsait dès le 3ème kilomètre avec des premières véritables côtes histoire de nous mettre  dans le bain pour la dizaine de bornes à suivre. Un coup Wil était devant, un coup c’était moi. Je dois dire que Wil m’a impressionné dans certaines descentes où il lâchait les chevaux, ce qui nous permettait à chaque fois de revenir sur des coureurs nous ayant pris un peu d’avance dans les côtes. Il y avait de belles alternances de montées et de côtes dans un joli cadre, de la forêt avec de belles boules granite décorées de mousse. C’était tout vert, un décor presque surréaliste. Depuis le début, un gars du Bodilis VTT Aventure alternait dépassements et arrêts pour faire des photos. Il me dépassa dans un champ en descente et m’indiqua que plus loin c’était la piste de VTT de Kerestan en Commana. En effet, nous arrivions en bas de Kerestan, et il y avait le fameux mur à monter. Pour le coup, c’était marche avec les mains sur les cuisses, ce qui n’était pas sans me rappeler Belle-Ile. Une fois en haut avec Wil, un photographe shootait les coureurs, et bien sûr, pour faire bonne figure, nous nous étions remis à courir pour la photo. 

 

                     Après ce terrible mur, une descente nous amenait du côté du Bois de la Roche, toujours en Commana. Etant tous deux performants en descente avec Wil, nous rejoignîmes une fille de la Légion St-Pierre et son acolyte pour entamer la virée dans le Bois de la Roche. Le terrain était plus facile et comme le petit bout de forêt traversé auparavant, le décor était grandiose, avec encore des très beaux chaos granitiques verts de mousse, et surtout, des étangs avec diverses fleurs dont certaines assez étranges. Vraiment très chouette cette partie bucolique et romantique, mais je crois bien que l’endroit est privé en temps normal (merci au(x) propriétaire(s)). Après cette charmante partie avait lieu le premier ravitaillement, je ne sais pas trop à combien de km, mais c’était aussi la bifurcation entre le 13km et le 27km. Ceux du 13km ont donc pu aussi profiter du mur de Kerestan et des jolis passages pré-cités. 

 

                     Après un verre d’eau, quelques raisins et pruneaux, nous prenions la direction du Roc’h Trévezel. En voyant l’antenne de Roc’h Tredudon au loin, je me disais « Non quand même, on va jusque là-bas ? », ça faisait loin. Nous repartions toujours à deux pour revenir encore une fois sur la fille de la Légion St-Pierre et son compère. Le terrain devenait plus humide au fur et à mesure avec quelques portions de boue. Comme pour les descentes, nous nous débrouillions plutôt bien dans ces parties. C’est ainsi qu’en arrivant sur une zone bien boueuse, toujours en compagnie de la fille de la Légion et son compère, ces derniers restaient tankés dans la boue pendant qu’avec Wil nous faisions chacun un extérieur en mode « camion » pour les doubler et avaler la zone de boue. Ce faisant et aidé par quelques autres zones boueuses, nous prenions peu à peu le large par rapport à nos 2 compagnons du Bois de la Roche. Mais cela n’allait pas durer longtemps…

 

                     Le relief se faisait plus dur et le terrain plus sec. Devant, la barre des Monts d’Arrée et le Roc’h Trevezel nous faisait face, avec sa lande d’herbes hautes d’un jaune très pâle. Surement un peu vexés par notre magistral dépassement effectué dans la boue, la fille de la Légion et son compère nous doublaient à grande vitesse sur un terrain plus roulant, ceci dit, ils ne parlaient plus autant :-) Moi non plus d’ailleurs car cela montait raisonnablement bien, je ne pouvais qu’alterner marches et petites courses, attendant du plat pour me remettre à courir. D’autres coureurs nous doublaient comme des Trotteurs de la Penzé par exemple. De toute façon, le spectacle était magnifique, nous étions en pleine lande dans les herbes hautes (euh… D’ailleurs, ce serait bien que ce soit élagué avant les premières chaleurs, parce qu’une étincelle ou un mégot là-dedans, ça risque bien de provoquer un incendie) et surtout, l’antenne de Roc’h Tredudon s’était bien rapprochée, nous en étions très proches. Durant la montée, Wil prit d’abord de l’avance, puis je le rejoignis avant le second ravitaillement où nous arrivions ensemble, juste sous le Roc’h Tredudon et l’antenne. Wil, qui n’est pas originaire de la région, demanda à un bénévole ce que c’était cette antenne, et eut une réponse un peu moqueuse « Quoi, c’est écrit Brest sur vos maillots et vous ne connaissez pas le Roc’h Tredudon ? ». Il est vrai que ce n’est pas un endroit très fréquenté lorsque l’on vient de Brest, et donc forcément connu, surtout quand on n’est pas originaire du coin. J’avais bien envie de faire montre de répartie en répondant au bénévole « Et l’antenne de Kerlouan, savez-vous à quoi elle sert ? »,  mais préférais lui dire que j’étais originaire de Plougasnou et donc que je connaissais très bien cette antenne. Il a donc dû se dire qu’on lui avait fait une « niche » avec Wil et pensé qu’on était des sacrés rigolos chez les Goélopeurs. 

 

                     Après avoir encore pris de l’eau, des raisins secs, des pruneaux, et être resté bavarder avec les bénévoles (une de mes spécialités), nous entamions la redescente avec Wil. J’expliquais alors à Wil que cette antenne de télé fut mise par terre lors d’un attentat dans les années 70 (14/02/1074), revendiqué par le FLB. Pas de télé et pas de matchs de foot pendant des semaines, autant dire que les autonomistes bretons ne se sont pas fait beaucoup d’amis dans le coin, surtout que beaucoup d’entre eux avaient eu de fortes accointances avec l’ennemi allemand pendant la seconde guerre mondiale. Une fois ce petit point d’histoire expliqué, j’accélérais peu à peu dans la descente qui semblait-il nous amenait pas très loin de Plounéour-Menez, pensant que Wil suivait. Mais non, Wil n’avait pas suivi. Tant pis, je ne pouvais pas ralentir et surtout ne voulais pas ralentir dans cette super descente. Une descente longue, très longue, un peu comme à Guipavas lors du tour de Guip, mais par des chemins agricoles, des ribinou, des vrais chemins creux. Je m’en donnais à cœur joie dans cette partie jusqu’à arriver en bas, où nous devions traverser une première fois une rivière, la Penzé me semblait-il, avant de remonter dans une prairie. Regardant derrière, je ne voyais toujours pas Wil, tant pis, je continuais et arrivais au 3ème ravitaillement. J’avais alors rattrapé deux coureurs des Trotteurs de la Penzé qui nous avaient doublé et sacrément distancé dans la montée vers Roc’h Tredudon. Si je ne faisais pas l’effort dans les côtes, autant dire que j’étais rapide dans les descentes. Je repartais du ravito un peu avant les 2 coureurs des Trotteurs de la Penzé  mais me laissais redoubler un peu après dans une côte. 

 

                     Nous revenions assez vite vers les bords de la Penzé, un terrain sympa et roulant en plus d’être chouette avec le beau temps et les fleurs printanières. Je doublais un concurrent tout de vert vêtu et l’emmena un temps, pendant que nous approchions de la fin de course, déjà, en explorant le réseau hydrologique local. Passage sur une écluse qui avait l’air d’être encore tout à fait fonctionnelle, puis second passage dans la Penzé où je faisais mine de pêcher pour la photo, et à peine plus loin un troisième passage dans la Penzé dans l’autre sens. Un bénévole nous indiqua qu’il restait 2km, ce qui motiva mon acolyte en vert, qui me redoubla pour aller vers l’arrivée. Ensemble, nous doublions un coureur en rouge qui avait vraiment l’air d’être dans le dur, puis je ralentis afin de voir si Wil n’était pas loin derrière. Toujours pas. Bon, j’arrivais dans les derniers 500m de la course, avec un quatrième et dernier passage dans la Penzé, l’occasion de décrotter un peu les jambes et les chaussures. Voyant l’église de Loc-Eguiner toute proche, je remontais enfin une petite côte qui nous ramenait à l’arrivée à côté du boulodrome. Et Wil arrivait une trentaine de secondes derrière, ayant doublé aussi le gars en rouge qui souffrait sur la fin. C’était donc un beau tir groupé des Goélopeurs, pas parmi les premiers non, mais ce n’est pas grave, un beau tir groupé quand même. Il ne nous restait plus qu’à aller manger de la soupe et des crêpes, en rencontrant des connaissances comme Nadine et Nico des BLAT. Je ne pouvais pas m’empêcher de plaisanter à propos des crêpes : « Hé ben, on voit bien qu’on est en pays léonard ici, c’est pas le Trégor, hein ? » dis-je en rigolant. Nadine me demanda pourquoi. « Ben au Cloître St-Thégonnec à Au Pied des Monts, elles étaient à volonté les crêpes, ici il faut son ticket ! ». Rô, quel malotru je fais ! Je plaisante bien sûr, il était possible d’avoir plusieurs crêpes. Sinon, à la lecture des résultats du 13km, la prédiction fut bonne, deux Goélopeuses sur le podium, Céline et Bénédicte, qui ont fait 2 et 3. Et encore, il a fallu qu’une coureuse trouble-fête de Quimper empêche nos Goélopeuses de faire 1 et 2, dommage.

 

                     Sinon, de ce que j’ai retenu du trail, il est très joli, notamment les abords de la Penzé (j’ai compté quatre passages dedans !) avec un sacré réseau hydrologique, une belle végétation et des vieilles pierres, le Bois de la Roche. La première partie jusqu’au Roc’h Tredudon est exigeante, et la seconde partie beaucoup plus cool avec une grosse descente qui permet d’envoyer du lourd, ce qui explique aussi pourquoi les premiers sont descendus sous les 2h sur 27km. Il est globalement plus facile qu’Au Pied des Monts. Prochaine étape de l’Armorik Trail, la Ronde des Ecoliers à Hanvec, en mai.

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