Régis a testé Plouguin

Plouguin

 

Le lendemain du Technoz trail, je venais participer à mon 3ème semi-marathon à Plouguin. Mais pourquoi donc après le Technoz trail (« çui-ci est fou que c’est ! » … ont pensé certains) ? Et bien, il y avait en jeu, peut-être, la place de premier Goélopeur en nombre de kilométrage parcouru sur l’ensemble des courses cette année. Et puis, la veille, j’avais terminé le Technoz déçu, constatant qu’un effort plus important n’avait permis qu’une très faible progression. Avec encore des fourmis dans les jambes, ça valait bien de déplacement jusqu’à Plouguin, d’autant plus qu’un Goélopeur dont je vais taire le nom (on va dire Goéland masqué) m’avait bien dit à l’entrainement « Tu vas voir, Plouguin, c’est dur et c’est moche. ». Pour le coup il avait réussi à aiguiser ma curiosité.

Revenons à Plouguin, donc. Bien moins médiatisé que le St-Pol Morlaix, il s’agissait néanmoins de sa 33ème édition. Je me présentais une demi-heure avant le départ à la salle des sports de Plouguin, direction la table des non-inscrits. Nous étions assez nombreux à s’inscrire à la dernière minute, et lorsque j’égrenais au fur et à mesure dans ma tête les numéros de dossard des gens devant moi, 661, 662, 663, j’allais bien sûr tomber sur le numéro 666... Et non, j’héritais heureusement du numéro 665. Je ne suis pas superstitieux, mais on ne sait jamais.  

 

Une fois le dossard fixé, je retrouvais Arnaud et Pierre-Yves G. près du départ, l’occasion de leur fournir mes impressions du Technoz pendant deux tours de chauffe autour d’un pâté de maison. La météo était excellente, un beau soleil un peu bas nous rappelant que l’hiver approchait, une température pas trop fraiche, et un vent très modéré du Nord.

A cinq minutes du départ, nous arrivions dans la zone prévue, à l’Est de l’Eglise, sans trop se placer. Il n’y avait de toute façon pas besoin de le faire. La route était large et le nombre de coureurs assez faible, 180 au total d’après le speaker, ce qui permettait sans aucun doute un départ confortable. J’avais toutefois un peu de mal à comprendre le faible nombre de coureurs pour une course d’un âge aussi respectable. Peut-être un effet de bord du St-Pol Morlaix qui avait eu lieu le dimanche précédent et fait office de « Main event » pour de nombreux coureurs. Dommage, car une logistique plus simple pour les coureurs et un prix d’inscription plus de deux fois inférieur au St-Pol étaient nettement à l’avantage du semi de Plouguin.

 

A 14h45 très précises, le départ était donné. Cela commençait par une boucle  autour de l’église, joliment fleurie, de même que le monument aux Morts pour la France paré de drapeaux tricolores dans l’enclos. La boucle poussait plus loin pour passer devant la salle de sports, le terrain de football, et enfin revenir à l’Est de l’église. C’était pour l’instant calme et je voyais toujours Arnaud. Nous quittions le bourg par une descente assez marquée dans laquelle j’accélérais naturellement comme tout le monde pour prendre en rythme. Je m’étais mis en tête de tourner en 5’/km, mais là, la descente était trop belle, je tournais donc en moins de 5’/km, ce qui me permettait d’avoir toujours en vue Arnaud. Les bonnes choses ont une fin, et après avoir emprunté la route de Guipronvel, voilà que le relief changeait au bout d’une centaine de mètres, ça montait désormais, et pas qu’un peu. Je faisais néanmoins l’effort de rester en 5’/km dans la côte, qui était une route plutôt droite avec de légères courbes. J’étais content, je voyais toujours Arnaud. Puis au sortir d’une courbe, même si le relief s’adoucissait, je faisais face à une grande ligne droite, interminable, en faux-plat montant. Je pris bien vite la mesure des commentaires du Goéland masqué en les confrontant avec les recommandations du speaker au départ qui avait bien dit que la seconde boucle était plus difficile que la première : ce semi allait probablement être dur. Et tout cas, cette ligne droite était excellente pour travailler le moral. C’est là où Arnaud démarra vraiment et où je perdis sa trace, m’accrochant derrière une fille des Blés d’Or de Gouesnou pour parcourir cette ligne droite. Nous étions rejoints par un peloton de 2 gars et 2 filles, dont l’une courait pour Léa, une petite fille atteinte du syndrome de Kabuki. A l’approche de Guipronvel, ça montait sec de nouveau, je pris temporairement les commandes du nouveau peloton pour la montée au bout de laquelle les 5km de course étaient franchis. Au point kilométrique 5, un commissaire muni d’un chronomètre fournissait le temps à chaque concurrent. Je les passais en 24’55 avant de ralentir pour le premier ravitaillement au bourg de Guipronvel. Afin de ne pas me brûler les ailes par rapport aux efforts de la veille, je prenais sérieusement ce premier ravitaillement avec un verre d’eau et un quartier d’orange. Nous tournions à droite en direction de la commune de Tréouergat. La fille des Blés d’Or était repartie un peu devant tandis que je restais avec les 4 autres, c’était à nouveau de la descente, plus ou moins. Je ne savais pas si je payais déjà la côte précédente ou si j’avais à faire à des pointures, mais je me faisais dépasser par les 2 filles et les 2 gars, et n’arrivais plus à les suivre après le creux du bourg de Tréouergat, dans une nouvelle côte, heureusement assez courte. Au bout de la côte, virage à droite et encore un ravitaillement bienvenu, au 8ème kilomètre. Une fois encore, je pris sérieusement ce ravitaillement. En repartant, je remarquais sur la droite une maison avec à côté de son portail un  gros bloc de granit taillé, sur le lequel il était gravé et peint en rouge un dessin de lapin avec au dessus, également gravé, le nom du lieu-dit ou de la villégiature… Kerlapin !

 

Je continuais ma route après ce divertissement. La route était plus plate mais comportait  quelques petites bosses à négocier. Nous n’étions plus très loin de Plouguin mais je n’arrivais pas à rattraper mes compagnons de début de course qui semblaient aller plus vite encore, tandis que nous rattrapions les derniers du 11 km partis un quart d’heure plus tôt. Ca mettait un peu de baume au cœur à tout le monde, à ceux du semi probablement satisfaits de leur temps, ainsi qu’à ceux du 11 km qui pouvaient profiter de l’élan pour terminer leur course. Peu avant Plouguin, le commissaire présent au km 10 avait annoncé un temps de 49’15, et me concernant, c’était bien pour un semi. Plus loin, à l’entrée du bourg, c’est une autre fille aux couleurs de l’association du syndrome de Kabuki qui me dépassait. Je la connaissais de vue et savais que c’était une pointure locale. Je profitais de l’occasion pour la suivre et essayer de rester collé à ses basques, ce que j’arrivais à faire seulement dans le bourg de Plouguin, mais pas plus loin. Cette première boucle fut exigeante et j’arrivais au troisième ravitaillement avec en tête ce qu’avait dit le speaker au départ : la première boucle n’est pas évidente, mais la seconde encore moins. Je pris donc mon ravitaillement avec beaucoup de sérieux, pain d’épice, quartier d’orange et eau, afin de continuer sur un rythme correct. Après une descente prononcée, ça remontait de nouveau puis redescendait. Et ca remontait encore peu avant la ferme de Kerlaouénan, ou en guise de récompense nous pouvions admirer au sommet de la bosse deux chevaux aux robes noir/blanc et marron/blanc sur la droite. La route devenait un peu plus plate mais je comprenais que la seconde boucle était très casse pattes avec beaucoup de montées-descentes.

 

Au 14ème kilo, la descente courte mais très prononcée qui nous emmenait dans le creux de la vallée des Moulins me fit très mal aux jambes, raidies durant le parcours, et je devais réduire un peu l’allure. Après le moulin de Tanné, nous longions un affluent de l’Aber Benoit, le Garo, dans un cadre très agréable La sortie de la vallée des Moulins était très sèche via une énième côte, courte mais raide. C’était aussi l’occasion d’entendre le commissaire posté au km 15, 1h16’25. Pour moi un super temps très motivant, mais c’était sans compter sur la fatigue de la course ainsi que celle de la veille. Je m’arrêtais encore une fois au ravitaillement, le quatrième du parcours, sentant que j’allais de toute façon faiblir sur la fin à cause du Technoz de la veille. Nous tournions à gauche, puis encore à gauche sur un chemin assez plat, au milieu duquel nous pouvions admirer un menhir imposant sur la droite, le menhir de Locmajan. Puis, nous reprenions une route à droite qui longeait l’Aber Benoit et offrait une superbe vue sur l’Aber. Mais ce fut court, nous devions tourner encore à droite pour retourner vers le bourg de Plouguin. Compte-tenu des efforts de la veille, je faiblissais dans la succession de petites bosses après le 16ème kilomètre et me faisais d’abord ramasser par trois coureurs de Ploudalmézeau, puis, par un groupe de cinq coureurs de Landerneau, puis encore par un troisième groupe de cinq coureurs. Au 18ème kilomètre, je m’arrêtais au cinquième et dernier ravitaillement. Un bénévole déchiffra sur mon maillot « Brest Goélopeurs » en le prononçant distinctement et demanda « C’est récent comme club ? ». Je lui répondis « Oui, ça va sur les trois ans ». Il ne connaissait pas et s’était déjà posé la question quand il vit le maillot fluo lors du passage d’Arnaud. Il m’encouragea pour les trois derniers kilomètres puis je repartais. En arrivant sur la route de Kertanguy, nous n’étions pas très loin de l’arrivée, en doublant quelque marcheurs. Un poney blanc, seul dans son champ sur la gauche, regardait attentivement le manège des coureurs et des marcheurs. Il ne restait plus que cette fameuse côte dans le vingt-et-unième kilomètre. Bien que pas très raide, elle fut terrible par sa longueur : alors que je l’avais bien entamée, je constatais à vue qu’elle était bien longue et craquais sur le haut à 600m de l’arrivée, pour finir par marcher une centaine de mètres, payant les efforts accomplis auparavant. Il ne restait plus que cinq cent mètres. Je me remettais à courir difficilement en voyant l’église, passait à côté de cette dernière et entrait dans la dernière ligne droite pour franchir la ligne d’arrivée, en 1h51’15. Arnaud attendait depuis un peu plus d’un quart d’heure, il avait mis 1h35’. Je terminais rincé, mais très content d’avoir couru d’une traite ou presque (la dernière côte ayant eu raison de moi) mon deuxième semi, une semaine après le Saint-Pol-Morlaix, très content également du temps, malgré cinq derniers kilomètres très laborieux, car ce semi était autrement plus difficile que le Saint-Pol Morlaix, avec une seconde boucle très cassante après une première boucle déjà exigeante. Goéland masqué avait raison sur la difficulté, une des raisons qui expliquaient sans doute le faible nombre de coureurs. Mais je n’étais pas d’accord avec Goéland masqué qui dît que le semi de Plouguin était moche. En plus d’être physiquement exigeant, il était moralement éprouvant (surtout la première boucle en fait), ce n’est pas pareil. En plus, la seconde partie avec la vallée des Moulins, le menhir de Locmajan et la vue sur l’Aber fut une jolie découverte.

 

Après que PYG arriva, nous prîmes avec Arnaud et la copine de PYG la direction de la salle de sports pour trinquer autour d’un thé chaud et retirer au choix une serviette éponge rose saumon ou une paire de gants, estampillés « Semi de Plouguin ». J’optais pour la serviette, à mon avis plus utile. Le ravitaillement à l’arrivée était très bien fourni et permettait de se requinquer rapidement. Ce semi m’avait bien calmé après le Technoz de la veille, et duquel j’étais rentré un peu mitigé. Course approchant de l’hiver, dans le pays des Abers, je pensais à la course des foulées An Aberiou de Lannilis, avec laquelle ce semi de Plouguin partageait beaucoup de similitudes sans que je puisse réellement les expliquer, peut-être le faible nombre de coureurs et une course exigeante, tout simplement. Chacun rentrait chez soi après un quart d’heure de discussion. Enfin, il y a une Goélopeuse qui peut féliciter son chéri, qui après avoir remporté cette année le marathon de la Transléonarde, a aussi remporté ce semi de Plouguin, deux vraies courses de costauds. 

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