Régis en seigneur au trail de Saint Renan - 25 novembre 2012

Trail de la vallée des Seigneurs, Dimanche 25 novembre 2012.

 

Après une semaine pour le moins arrosée, ce que peuvent confirmer les Goélopeurs présents aux entrainements du mardi et du jeudi précédents (bravo à tous !), ainsi que deux coups de vent dans la nuit du jeudi à vendredi  et dans la nuit précédent la course, il fallait une sacré dose de volonté (ou de masochisme, comme vous voudrez...) pour venir affronter le trail de la vallée des Seigneurs à St-Renan. Je faisais partie de ces braves et avais décidé de venir faire le 25km. Réveillé un peu tard, je me préparais à la va-vite et filais à St-Renan encore mal réveillé. J'arrivais en même temps que Seb et retrouvais Pierres-Yves G, Mick et Xavier. Au retrait des dossards dans le boulodrome, nous retrouvions Béné, Rismo ainsi que la Forres'team presque au grand complet, qui se préparait pour le 13km et sur lequel la Forres'team allait emmener un enfant avec une Joélette. Un ski sous la Joélette était peut-être utile, compte-tenu d'un terrain probablement très gras. Les précipitations de la semaine étaient venues s'écraser sur des sols déjà gorgés d'eau. Arnaud, dit "cailloux-chaussures", arrivait aussi au boulodrome avec ses inévitable guêtres, ce qui portait le nombre total de vaillants Goélopeurs à six pour le 25km qui s'annonçait glissant. Après un bref passage à la voiture pour fixer le dossard et prendre le portage d'eau, direction le lac de Ty-Colo pour s'approcher du départ en s'échauffant.

 

Au lac, c'était similaire à l'année dernière, personne ne savait exactement vers où partir, il fallait être attentif au speaker, ce que je n'étais pas vraiment, plus occupé à regarder le manège de macreuses noires qui sortaient précipitamment de l'eau pour picorer du pain déposé par un promeneur, et qui y retournaient tout aussi précipitamment dès qu'un coureur à l'échauffement passait à proximité. C'était amusant, tout comme deux oies de Guinée qui arrivaient ensemble au bord après un peu de nage et semblaient débriefer de leur trajet, elles n'avaient pas l'air pressées de retourner dans l'eau qui devait être fraîche. Pendant ce temps là, un bénévole matérialisait ce qui semblait être la ligne de départ en versant de la chaux blanche au milieu de la "plage", tandis qu'un  attroupement se formait près du speaker, sur la gauche en regardant le lac. L'année dernière, sur le 13km, le départ se faisait sur la droite du lac. Aussi je ne m’éloignais pas trop de la ligne, d'autant que pas mal de cadors, comme Seb ou encore Mick et ses collègues BLAT (Brest L'Attitude Trail) restaient eux très près de ladite ligne. Je restais persuadé que le départ se ferait sur la droite, justifiant l'attroupement à gauche comme étant celui des coureurs attentifs aux paroles du speaker. Quand tout à coup, pan ! Le départ était donné... Mais sur la gauche ! Ils ne manquent pas d'humour à St-Renan, la ligne fraichement tracée était une ligne de départ, oui... mais probablement celle du 13km ! C'est en rigolant bien fort que je regardais les quelques champions piégés slalomer en queue de peloton pour aller rejoindre les premières places. Nous partîmes tranquillement avec Xavier sur le chemin en doublant quelques concurrents. Puis, avant de découvrir le menu, ce fut un premier petit tour dans le bois près du stade de rugby en guise d'apéritif. C'était gras à souhait avec de la boue déjà profonde à quelques endroits. Nous revenions sur un revêtement très praticable en revenant vers le stade de rugby puis en poursuivant sur le chemin du lac pour en faire le tour. Premier souci, je m'arrêtais pour refaire mon lacet qui s'était défait et dis en même temps à Xavier que je le rattraperais. Oui, mais "l'ancien" ne l'entendait pas de cette oreille et en profitait pour accélérer après il est vrai un premier kilomètre très tranquille. Une fois les lacets bien refaits, Xavier avait pris 100m d'avance. J'essayais de revenir sur lui en redoublant quelques concurrents, mais malgré un rythme sous les 5'/km, l'écart ne diminuait pas. Au niveau de la "plage" du départ que nous retraversions, nous étions encouragés par Béné, Rismo et la Forres'team, qui tous se préparaient à prendre le départ du 12km avec une Joëlette. Je continuais sur un rythme soutenu, cette-fois en se dirigeant sur le chemin côté nord du lac de l'ancienne Comiren (compagnie minière de St-Renan, les lacs renanais sont d'anciennes carrières d'étain inondées qui font aujourd'hui le bonheur des oiseaux et des joggeurs, des poissons et des pêcheurs, des pratiquants de sports nautiques et des promeneurs).

 

Avant d'avoir terminé le demi-tour du lac de la Comiren, nous partions dans le bois sur la droite pour de nouveau traverser une seconde zone très boueuse, un deuxième apéritif en quelque sorte. Nous rejoignîmes un chemin un peu plus roulant qui se dirigeait vers les hameaux du Nord de St-Renan. Si c'était plus roulant, ça montait de plus en plus, et c’est par une belle côte que nous nous dirigions vers les hauteurs au Nord de St-Renan. Bien que faisant l'effort, je ne parvenais toujours pas à rattraper Xavier. Peu avant le sommet de la côte, nous empruntions un sentier sur la droite, en faux-plat montant et bien gras avec un tapis de feuilles mortes déjà bien travaillé par les passages précédents. Je me rapprochais sensiblement de Xavier, plus qu'une vingtaine de mètres. Je manquais de faire la jonction quand je vis Xavier partir tout droit au lieu de tourner à gauche, il reprenait le bon chemin sur conseil d'un coureur proche, presque sous mes yeux, je n'avais plus que dix mètres à faire. Hélas, je devais ralentir un peu l'allure pour récupérer de la côte et du chemin gras, et tentait d'utiliser mon sac à eau. Maladroit dans cet exercice, je ne pouvais boire qu'en trottinant, sinon, c'était avalage de travers assuré. Le chemin était toujours très gras et j'étais très confiant quant au fait de rattraper Xavier, car il courait en chaussures classiques. Je me disais que tôt ou tard, je finirais bien par le rattraper dans un endroit bien glissant comme nous en avions déjà eus, et je l'avais toujours en visuel. Nous passions tout près d'un golf. J'espérais bien ne pas finir comme le surfeur d'une réclame connue pour une marque française de véhicule. Nous revenions temporairement sur le bitume aux alentours de la ferme de Keribin avec une petite descente, puis une remontée. Plus attentif au golf et à la ferme, je n'avais pas prêté attention à ce qui se passait autour de moi et ma récupération de la côte fut... un peu longue ! D'ailleurs, à en juger le nombre de coureurs qui me dépassaient, mon rythme avait sérieusement baissé...

Et je ne voyais plus Xavier ! Le tracé un peu plus sinueux qui entrait dans la forêt m'empêchait de reprendre le contact visuel avec lui, et alors que je commençais seulement à me reconcentrer sur la course et à ré-accélérer, l'entrée dans la forêt cassa net mon élan. Pas d’entrée, le plat du menu arrivait directement. Après une portion très boueuse voire aquatique, les descentes étaient escarpées et très glissantes, j'y allais prudemment, très prudemment, et me disait toujours que n'importe comment, vu l'état du terrain avec les pluies de la semaine, j'allais tomber tôt ou tard sur Xavier avec ses pneus slick. Erreur, car après quelques montées et descentes bien grasses, je ne le voyais toujours pas. Par contre, je commençais sérieusement à sentir les jambes, c'était un effort énergivore. Je descendais tranquillement pour ne pas tomber sans toutefois me priver de quelques mini-schuss dans la boue, pas besoin d'aller à la montagne pour faire de la vulgaire patinette. Quant aux montées, je ne pouvais tout simplement pas courir dedans si le relief était trop prononcé, le tapis de feuilles et la terre se dérobant sous les pieds. Alternant marches, petit trop sur le plat et descentes prudentes, je n'avançais vraiment pas. Plusieurs coureurs plus téméraires me dépassaient sans que je parvienne à les suivre, je ne souhaitais pas finir en vrac car une méchante chute n'était pas impossible. Bref, j’étais très timoré. Une des raisons est que le jeudi précédent m’avait bien calmé, car comme l’année dernière j’avais perdu un bout de viande quelque part dans Brest avant de venir participer à ce trail : je m’étais écorché le genou l’année dernière, cette année c’était la main droite. 

 

Et puis cette forêt de la vallée des Seigneurs était plutôt riche, avec des chênes, des hêtres, du houx, et des chaos granitiques. Je n'avais pas su apprécier ces curiosités l'an dernier sur le 13km où j'avais trouvé le passage en forêt un peu court. Le décor avait de quoi rendre jaloux le plus ésotérique des conteurs des Monts d’Arrée, il était facile d’imaginer la survenue soudaine de korrigans ou autres lutins mal embouchés au détour d’un bloc de pierre ou d’une souche d’arbre. Notre évolution était souvent accompagnée de cris de geais des Chênes. Malgré le fait que les geais se nourrissent essentiellement de glands en automne et en hiver, je n'étais pas spécialement intimidé par ce « prédateur » et continuais à faire du tourisme dans la forêt. Une redescente nous emmenait dans le ruisseau de la vallée où le franchissement était facilité par des gros blocs de granite. C'était aussi un endroit idéal pour les photos et un bénévole était posté à cet endroit pour nous tirer le portrait. Une centaine de mètres après le ruisseau, un Cavaleur courait en sens inverse et semblait chercher quelque chose, il avait perdu ses clés de voiture.... Ce n’est pas drôle, non, mais j’avais très envie de rire et peinais à le dissimuler en pensant à un événement survenu quelques semaines auparavant à l’entrainement, une Goélopeuse qui connut la même mésaventure (n’est-ce pas Camille !)…  Nous ne le répéterons jamais assez, si vous avez des clés importantes, assurez-vous que celles-ci n’auront pas la moindre occasion de finir par terre ou débrouillez-vous pour ne pas les emmener. Après une remontée assez technique et un premier raidillon bien gras à franchir presque à quatre pattes, nous redescendions encore vers le ruisseau pour un franchissement un peu plus sportif, propre à la gamelle, que j'arrivais à éviter grâce à des mouvements aussi rapides que ceux d'un paresseux dans un arbre. Je ne savais plus trop où j'étais, ce parcours avait réussi à me désorienter, quand j'arrivais au pied d'un second raidillon en terre à franchir. J'essayais une première fois sans les mains et redescendais de 3m comme sur une paroi ensavonnée. Il ne restait plus qu'à utiliser piolets et crampons, c'est à dire utiliser les mains en plantant les doigts, et utiliser ses pieds en plantant également les pointes de chaussure d'un coup sec dans la paroi boueuse. Ridicule mais efficace, ça ne manquait pas de faire sourire le bénévole qui nous prenait en photo au sommet du raidillon. J'évoluais très lentement sans être essoufflé, ce qui ne m'empêchait pas d'avoir mal aux jambes. Après ce passage très ludique mais usant, nous pouvions récupérer grâce à un peu de chemin. Un ravitaillement était même offert peu après le 10ème kilomètre, et malgré mon portage d'eau, je profitais de l'occasion pour prendre un gobelet, c'était quand même plus facile à boire qu'avec la tétine du sac à eau.

 

C'était reparti en forêt avec toujours un sentier bien gras et bien glissant, à tel point que la technique à Mumble était inopérante voire scabreuse. Las et les jambes faibles, je marchais dans les montées et trottinais autrement. Je sentais des muscles que je ne devais pas trop travailler habituellement, situés sur l'extérieur des cuisses.  Après la forêt, nous revenions sur un peu de chemin. Mon chrono était tombé en rade vers le 13ème km, pour 1h25' de course environ, c'était très lent. En plus de ça, je commençais à avoir mal au bide, ne sachant pas trop si c'était un début de gastro, un plat de la veille avec trop d’oignons et d'ail, ou bien encore mon eau qui avait presque autant le goût de liquide vaisselle au citron que de Citror que je mets habituellement avec mon eau (je n'avais certainement pas bien rincé mon sac à eau...). D'ailleurs, après un possible second ravitaillement, du chemin à nouveau roulant permettait d'accélérer de nouveau, et alors que je redoublais un concurrent des Amoureux de Trézien qui m'avait doublé dans une portion de forêt peu avant, celui-ci me redoublait, car je ne parvenais pas à tenir la cadence avec ce foutu mal de bide. Il me demanda au passage si ça allait  bien. Je lui répondis que j'avais simplement mal au ventre, ne souhaitant pas  lui détailler que j'avais bien plus de chances de sortir une flatulence venue de l'au-delà plutôt que de vomir au bord du chemin, et que pour sa santé, il était préférable qu'il courre devant et surtout, au vent. 

 

Tout espoir de revenir sur Xavier était anéanti. Il restait une dernière portion de forêt à franchir, toujours aussi usante, avec plein de mini-schuss dans les descentes et de la marche dans les montées. Sur la droite, il semblait y avoir un terrain de moto-cross, tandis que le sentier en forêt nous faisait traverser quelques passages sympathiques comme un bel amas de blocs ronds en granit. Deux concurrents me lâchaient encore sur le haut du parcours en forêt. Je ne jugeais pas opportun d'accélérer si tôt, car les chemins, qui redevenaient plats, étaient toujours extrêmement gras et usants. Ayant été très peu à l'aise et très lent dans la forêt, je préférais poursuivre mes observations comme les éoliennes sur la gauche dont le bruit était rendu encore plus impressionnant avec le vent soutenu de ce dimanche. Au détour d'un chemin, un papy avec son berger allemand encourageait les coureurs. C'était le moment que je choisissais pour me remettre à courir, non pas que j'avais peur du chien, mais le terrain redevenait praticable pour mes petites jambes. Au moment où nous revenions sur le bitume, je reconnaissais le début de parcours et décidais d'accélérer très franchement lorsque le bénévole annonça un trajet restant de 2km. Je re-dépassais les deux concurrents qui m'avaient lâché plus tôt en haut de la forêt ainsi qu'un troisième. Je les déposais, même, et constatais sans grande surprise que j'avais encore beaucoup de jus compte-tenu de ma promenade en forêt. J'arrivais sur un chemin où je croisais un cheval monté par un cavalier. Pas très fier et sachant les canassons peureux des couleurs vives, je ralentissais un temps. Le cavalier, pas très sûr non plus, sifflait un bon coup pour contrôler le cheval au moment où nous nous croisâmes. Je continuais sur le chemin avant de bifurquer à gauche pour passer dans un dernier endroit boueux, le dessert en quelque sorte.

 

Je revenais sur du chemin pour faire le tour du lac de la laverie, passer près de la station de traitement des eaux, et enfin revenir sur le chemin du lac de la Comiren pour filer vers l'arrivée près du boulodrome, où attendaient déjà depuis bien longtemps Seb, Mick et Arnaud.. Xavier était arrivé six minutes auparavant et pouvait me chambrer à plus d’un titre. Il avait réalisé un joli numéro de funambule avec des chaussures non adaptées au revêtement très gras. A l'arrivée, je récupérais le beau cadeau offert aux arrivants, une paire de manchons de bras estampillés trail de la vallée des Seigneurs. Après un thé chaud et quelques premières impressions de course, PYG en terminait aussi. Si lui comme moi n’avions pas fait de performance extraordinaire, chaque finisher pouvait être satisfait compte-tenu des conditions. Autre satisfaction, à la tombola des dossards qui était organisée, je gagnais un sac à chaussures ! Cela changeait de la Cavalcade où tous les Goélopeurs avaient eu un lot sauf moi. Cette fois-ci  c'était l'inverse et je ne boudais pas ce petit plaisir. Tout le monde rentrait chez soi après une matinée dominicale plutôt clémente en cette période globalement très pourrie au niveau météo. Bravo aux nombreux bénévoles de la Foulée Renanaise pour leur présence sur le parcours et avoir assuré un bon balisage malgré les intempéries de la semaine, dont le gros coup de vent de la nuit précédente.

 

Et enfin, un grand bravo à la Forres’team pour avoir emmené la petite fille sur le trail de 13km avec la Joëlette.

  

 

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