Régis visite le château de Trévarez

Rando-trail de Trevarez 2013, 10 février 2013

Levé à l'heure, je prenais tranquillement la route de Châteauneuf du Faou pour la rando-trail de Trévarez. Tôt le matin et sur la route, le temps n'avait pas été très engageant, il ne faisait que pleuvoir, j'avais une pensée pour Mick et Xavier partis au Glazig à Plourhan. Après environ 1h de route, j'arrivais confortablement à Châteauneuf du Faou une quarantaine de minutes avant le départ, en même temps qu'un véhicule rempli de Forres'team / Goélopeurs, avec Bénédicte, Pierre-Yves, Maurice, Hervé et Yann. Tiens-donc, la dernière fois que je m'étais manifesté pour un covoiturage, je n'avais eu aucune réponse, donc maintenant je ne lance rien et j'attends, mais rien n'était venu. Tant pis ce n'est pas plus mal, avec l'humidité ambiante, ça fait moins de crottés dans la voiture.

Nous étions tous engagés sur le 22km et nous nous dirigions ensemble vers la salle pour prendre les dossards. La salle était chauffée et d'une température fort agréable par rapport à l'extérieur, et chaque participant se voyait offrir un sac de plus ou moins bonnes choses mais je ne dirai pas quoi, à vous de venir voir. Une fois les dossards retirés, retour aux voitures pour fixer le dossard et faire les réglages de dernière minute, comme pour moi mettre les protège-pecs indispensables au-delà de 15 km. Seb, décidé sur le tard, arrivait lui aussi peu avant le départ. Une fois tout le monde prêt, un petit échauffement où j'accompagnais Maurice, puis direction la ligne de départ.

 

La pluie s'était miraculeusement arrêtée, et les organisateurs jouaient d'un peu de klaxon pour laisser passer quelques véhicules avant de donner le départ. Cette année, il faisait certes humide (taux d'hygrométrie à 200%...) mais pas trop froid. Aussi, nous n'avions pas eu droit aux palabres de l'an dernier, et rapidement, c'est la présidente du club organisateur, les Mil'Pat de l'Aulne, qui donnait le départ à coup de klaxon. Le départ était donné et partait bien plus tranquille que l'année dernière. D'ailleurs, en franchissant la fin du pont qui nous faisait passer côté Châteauneuf, je regardais en contrebas les premiers qui passaient sous le même pont après avoir effectué une petite boucle en descente d'une centaine de mètres. Après être arrivé aussi sur le chemin de halage, je constatais que les premiers n’avaient pas tant que ça d'avance et les voyais encore très bien, même si il y avait à l'instant presque 400 m d'écart. Dans le dernier quart du peloton, ça ne trainait pas non plus et nous tournions en un peu près 4'50/km, ce qui est assez rapide. Beaucoup mieux que l'année dernière question sensations, je restais dans l'expectative quant à la suite.

 

Et cette suite arriva vite, après environ un peu plus de 500m sur le chemin de halage. En effet, nous devions virer à droite, direction le sous-bois sous Châteauneuf. Au moins cette année, l'entrée en matière n'était pas si violente, car le terrain gras et raide forçait à la marche. Nous franchissions alors la même petite prairie que l'année dernière, dans une mode différente. Autant c'était du béton l'an dernier, autant c'était un piège à se planter le pied dans la colle ou à glisser cette année. Je retrouvais ensuite le petit parcours typé "cross", en moins facile avec la boue. Mais, contrairement à l'année dernière, j'étais en bonne condition et bien loin d'avoir grillé toutes mes cartouches, ce qui me permettait de franchir cette partie sans encombres. Il restait la montée vers Châteauneuf, celle qui me fut fatale l'année dernière, mais j'arrivais à bien gérer cette partie, quoique bien grasse et scabreuse par endroits avec notamment les poteaux en bois côté droit sur la fin de la partie forêt. Enfin le bitume, et je n'étais pas cramé, ouf ! Par contre, plusieurs coureurs ralentis me faisaient penser à moi l'année dernière, le calvaire ne faisait que commencer pour eux. J'accélérais un peu dans le bourg avant de redescendre par les escaliers, puis par un sentier assez acrobatique, avec encore quelques marches au programme en descente. De retour sur le chemin de halage, je me sentais bien et accélérais encore un poil pour repasser rive gauche. Arrivé près de l'endroit du départ, nous avions droit aux encouragements des participants du 13 km non encore parti et je trouvais comme lièvre le président de Plouigneau Oxygène, encouragé par quelques supporters trégorrois. Malheureusement, je devais marquer un stop pour refaire mes lacets défaits (traitres !!), ce sur quoi j'avais le droit à des réflexions de bonne guerre "Ah, le coup du lacet !". Je revenais rapidement dans le groupe avant de rentrer très vite dans le dur, la montée vers le château de Trévarez.

 

J'étais revenu derrière le président de Plouigeau Oxygène et adopta rapidement la même technique pour apprivoiser le terrain sans consommer d'énergie inutilement, à savoir marcher rapidement dans les côtes bien grasses, même courtes, et courir uniquement lorsque le terrain gras était plat ou presque. Cela fonctionna plutôt bien et je ne me fatiguais pas trop lors de la montée vers le château. Ceci dit, je n'étais pas au même niveau de performance que l'ignacien, qui avait de bien meilleures relances, et cédais du terrain au fur et à mesure, presque 10 m à chaque petite montée. Aussi, le président de Plouigneau Oxygène prenait le large petit à petit sans que je puisse le rejoindre. Nous continuâmes ainsi toute la montée vers le château, avec certains endroits un peu plus difficiles que d'autres, comme celui où des câbles nous permettaient de nous déhaler sur un terrain en côte "savonnette" un peu à la limite du praticable. Enfin, après quelques chemins lourds et collants, la petite côte en bitume qui nous amenait au premier ravitaillement. Ma foi, même si  cette année je n'étais pas fatigué en y arrivant, ce n'était pas pour déplaire, le parcours était rendu bien plus difficile que l'an dernier avec la pluie tombée en quantité ces derniers jours. En vidant un gobelet, je regardais les concurrents monter la côte et constatais un peu effaré que déjà les premiers du 13 km arrivaient, comme l’an dernier. Je repartais revigoré pour entrer dans le domaine de Trévarez, et alors que ça virait à droite au bout de 200 m de chemin, Gast ! Une sacrée montée sur la droite à travers les arbustes, j'avais oublié cette petite côte ou peut-être était-ce nouveau. Je laissais dans cette partie passer quelques furieux du 13 km. En tout cas en haut, nous avions droit à un passage dans les écuries avant de redescendre puis remonter sur un peu de bitume en direction du château. Mais avant d'arriver à ce dernier, nous devions redescendre encore pour arriver sur un chemin en contrebas du château. Malgré une couleur toujours rose, le temps maussade lui donnait un air lugubre de château hanté, il était bien moins étincelant que l'année dernière. En remontant, j'arrivais au niveau d'Hervé qui comme à son habitude faisait quelques mouvements d'étirements en même temps qu'il courait. Nous passions ensemble devant le château côté jardin, sur des gravillons plutôt désagréables car très lourds avec toute l'eau accumulée en-dessous. Je me souvenais alors de la suite, la petite côte bien raide qui nous amenait en haut du domaine (enfin presque...) et faisais l'effort de courir dedans d'autant plus que d'autres énervés du 13 km poussaient au train. Après un peu de marche arrivé en haut, je reprenais ma course en direction du sommet du domaine pour attaquer la longue descente.

 

Un petit tour parmi les arbustes et hop, c'était parti pour la descente qui commençait dans le domaine. Alors que j'entamais cette dernière, je ne m'étais pas bien souvenu de cette partie l'année précédente... Put... ! Non seulement c'était raide mais en plus le terrain était complètement défoncé et gras avec un tapis mixte de feuilles et de terre glissante. Alors qu'un concurrent du long devant moi était sur la défensive et que j'avais encore des treizistes au cul, je n'avais pas le choix, mode débile sur ON, je débranchais le cerveau, doublais le gars devant moi pour emmener les deux-trois gusses du 13 km derrière moi dans un schuss de folie. A fond et à grandes enjambées, nous dévalions la pente comme des gogoles. J'espérais seulement que cela finirait bien. Qui a dit qu'on avait pas de montagnes en Bretagne ? C'était en tout cas digne d'une piste noire non damée voire de hors-piste avec des arbres de part et d'autre. Gare aux racines à découvert et autres joyeusetés propres à se prendre une pelle monumentale. Après une centaine de mètres le relief s'adoucissait et permettait de ralentir, je laissais donc passer les concurrents du court. Ouf, c'était passé mais avec une bonne dose d'adrénaline ! J'arrivais au lieu de séparation du trafic entre le 13 km et le 22 km et me réjouissais de la descente à venir dans les sapinières. Oui mais, je dois avoir la mémoire qui flanche, car il restait encore une dernière et ultime côte à gravir.

 

Je marchais rapidement dans cette côte comme tout le monde autour de moi d'ailleurs, il était vain de courir sur ce terrain lourd et humide sauf pour les meilleurs ou si à mon niveau l'on voulait dépenser inutilement de l'énergie. J'apercevais Bénédicte dans la côte et me dis que je pouvais peut-être la rattraper. Après avoir longé un grillage et fait un peu de sous-bois, enfin l'entrée dans la sapinière. Les sapins n'avaient pas beaucoup grandi en un an. Ca descendait plutôt bien mais j'avais oublié que la redescente à travers les sapinières étaient entrecoupée de quelques petites remontées, dans lesquelles je marchais cette année non pas car trop fatigué comme l'an dernier mais parce qu'elles étaient assez pénibles avec une terre très grasse. Aussi, j'avais bien du mal à revenir sur Béné et je m'en approchais qu'à la faveur des descentes. Après ce petit tour dans les sapins, la jonction avec les participants du 13 km s'opérait en même temps que le second ravitaillement arrivait. Bien que peu fatigué, ça tirait sur les jambes et je profitais d'un peu de repos et de deux gobelets. Pendant cette pause détente et revigorante, je repensais à l'an passé et avais peine à imaginer comment l'arrivée aurait pu tourner l'an dernier avec les mêmes conditions tellement j'étais anéanti, en rampant peut-être. Pendant ce temps-là, Bénédicte s'était éloignée et Hervé m'avait redépassé. Bon, c'était reparti en direction du chemin de halage de l'Aulne. C'était un peu la foire, entre concurrents du 13 km et du 22 km, on ne savait pas trop qui courait sur quelle distance et le dernier piège était ne pas se faire embarquer par des arrivants du 13 km pour les concurrents du long afin de ne pas se mettre dans le rouge, tandis que comme d'autres concurrents du long, je bouchonnais les arrivants du 13km, d'autant plus qu'après le chemin de halage, c'était un sentier étroit en sous-bois qui nous emmenait jusqu'à l'arrivée. A 2 km de l'arrivée, c'est Karine de la Forres'team qui me dépassait et je l'informais de la présence de Bénédicte un peu plus loin. Sans parvenir à rejoindre Hervé et Bénédicte, je franchissais la ligne d'arrivée en 2h20... Soit le même temps que l'an dernier (et dernier des Goélopeurs sur le long), bien loin du compte de l'objectif de la barre des 2h, il ne fallait pas trop rêver non plus. A défaut, je n'étais pas complètement cuit comme l'an dernier et plutôt satisfait de cette course à peu près bien gérée compte-tenu du terrain lourd et acrobatique par endroits.

 

Je pouvais aller manger sereinement du gâteau et boire soupe chaude et thé dans le barnum prévu pour l'occasion. Mauvaise nouvelle cependant, Maurice m'apprenait que coach Seb s'était blessé… Y’a qu’à espèrer que ce n'est pas grand chose et que Seb va s'en remettre très rapidement (EDIT : rien de méchant en fait). Attention, lucidité et prudence nécessaires pour cette course qui est la première du challenge Armor-Argoat. Pour le reste, j'ai pu apprécier ce trail un peu mieux cette année, plutôt exigeant et surtout beaucoup moins roulant avec des conditions humides, mais des terrains variés et du relief avec de beaux paysages. Et puis à l'arrivée, un copieux ravitaillement avec toujours le très bon gâteau à base de riz soufflé. Et cerise sur le gâteau, mis à part une minuscule averse en fin de course, il n'avait pas plu.

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