Le Toul An Dour de Régis

Toul An Dour... La bien nommée !!

 

Hé oui, que d'eau, que d'eau pour ce trail de Guipronvel pour lequel il s'agissait de ma première participation. Enfin, je vais vous narrer ma course nature de 8km car c'est sur le petit parcours que je m'étais aligné avec d'autres Goélopeurs, Xavier et Maurice. Notre courageux spécialiste des longues distances, Mickaël, était lui sur les 22km du trail. Les organisateurs du trail Toul An Dour avaient cette année choisi de reverser 1 euro par inscription à l’association Chant’all together (http://fr-fr.facebook.com/pages/Chantall-Together/352214621466106?sk=wall&filter=12)

 

Ça a commencé le samedi 6 octobre à 15h, où avec Xavier, nous quittions le petit Kerzu pour rallier Guipronvel, en empruntant la route depuis Lambézellec (chanté par Matmatah) pour longer Bohars (là où j'ai plein de potes à l'hôpital), rejoindre Milizac (là où il y a le championnat du monde de cri de cochon), et enfin arriver à Guipronvel bourg, petite commune un peu méconnue qui n’a pas de distinction particulière que je connaisse, enfin, jusqu’à ce que je découvre la Toul An Dour, course co-organisée par Guipronvel Animation et la très connue Légion St-Pierre (le terme légion n’est pas du tout usurpé, ils sont nombreux aux entraînements, très nombreux, si vous voyez dans Brest une troupe de coureurs en rouge et noir, ce sont eux. A ne pas confondre avec les presque aussi nombreux Cavaleurs, qui eux sont en rouge et blanc, ni avec nous les Goélopeurs, qui sommes naturellement les plus beaux en jaune fluo et dépareillons le plus avec le paysage J ). Guipronvel est situé à peu près au milieu du triangle Plouguin Milizac Coat-Méal (pour les enfants, veuillez SVP prononcer koidméal plutôt que koidmil, on n'est pas chez un célèbre marchand de hamburgers ici)

 

Nous arrivâmes un quart d'heure avant l'heure prévue du départ. En allant récupérer le dossard nous retrouvions Mickaël qui s'échauffait. Xavier trouvait des connaissances tandis que je retrouvais Benoit, éducateur spécialisé venu faire le 8km avec un de ses patients adepte de la course à pied.

Au retrait des dossards, il y avait foule dans la salle omnisports de Guipronvel où tout le monde prenait place afin de ne pas se refroidir dans l'ambiance humide extérieure. Nous revenions avec Xavier jusqu'à la voiture pour laisser les vestes et fixer le dossard puis nous allâmes nous échauffer cinq minutes. Ce devait être le départ à 15h40, mais c'était un peu la foire, tant il vrai que la météo pluvieuse et venteuse n'était pas des plus motivantes. Les départs des deux courses étaient décalés de 10min, histoire de permettre aux éventuels retardataires ainsi qu'aux repentis de démotivation de dernière minute, de venir chercher leurs dossards ou s'inscrire. C'est à ce moment qu'avec Xavier nous retrouvions Maurice, nouveau Goélopeur, également présent sur le 8km, qui comme d'autres patientait dans le porche d'entrée de la salle omnisports, à l'abri de la pluie et du vent. Nous repartions nous échauffer brièvement avant cette fois-ci de se mettre pour de bon sur la ligne de départ.

 

La route était large et il y avait peu de concurrents. Xavier et Maurice étaient aux avant-postes tandis que je me mettais derrière comme à l’accoutumée. Si le top départ était donné avec un peu de retard, le départ lui était rapide, très rapide même. Était-ce à cause des premiers cinq cent mètres sur une route large en bitume, de la météo pourrie ou bien de la faible distance ? Certainement qu’il y avait un peu de tout ça. Je rattrapais Xavier à un peu plus d’un kilomètre, après avoir quitté le bitume et emprunté un chemin. J’invitais Xavier à me suivre mais il déclina l’invitation. Nous arrivions ensemble devant un talus  au bas duquel se trouvait une mare boueuse. Malgré le faible nombre de concurrents, le talus était déjà bien abîmé, ras et gras avec toute la flotte embarquée dessus par les passages précédents. Sans élan comme cela bouchonnait un peu, il fallait presque s’aider de ses mains car il y avait peu d’accroche.

 

Au  dessus du talus se trouvait un champ de maïs dont il fallait longer les bords puis nous entrions dans un passage en sous-bois. Dans le sentier étroit du sous-bois, un concurrent qui était probablement parti beaucoup trop vite peinait déjà et ralentissait notre groupe d’une dizaine de coureurs derrière lui. Second de ce petit groupe, nous trouvions avec le premier une petite fenêtre entre deux arbres pour le dépasser sans le brusquer. Je prenais de fait le large par rapport à Xavier tandis que le premier avait encore accéléré pour rattraper le groupe précédent. Après la sortie du sous-bois, nous franchissions un champ bien gras et irrégulier, un vrai champ de patates, avant de revenir temporairement sur un peu de bitume. En y arrivant, je me retournais et apercevait Xavier qui n’était pas loin, à moins d’une minute.

 

Plutôt que de l’attendre, je jugeais bon d’accélérer aussi à mon tour afin de recoller au groupe précédent, le terrain s’y prêtait bien avec un peu de bitume en descente. Nous en étions à deux bornes à peu près. Dans le creux se trouvait un étang avec un joli cygne tandis que j’entendais quelques canards s’énerver (trop de mecs en fluo ou trop d’eau peut-être, allez savoir…), mais je n’avais pas le temps de les apercevoir, nous repartions en sous-bois, bien gras cette fois-ci car longeant un ruisseau, rendu en plus assez technique par quelques branchages mis en travers. J’avais l’impression d’un surfait un peu raté, d’un côté, ca ne faisait pas assez naturel (non, les branches là n’étaient pas tombées avec le vent et les feuillages étaient encore bien verts), et d’un autre côté, ce n’était pas assez outrageux pour faire du surfait (comme le steeple à Trégarantec par exemple). Ceci dit, avec l’eau tombée en très grande quantité, c’était magnifiquement ludique.

 

A la sortie de ce sous-bois, je faisais la jonction avec le groupe précédent lorsque nous passions dans un champ, que dis-je un marécage, et là, qui voilà, Benoit, qui avait pommé une pompe dans la boue et qui la cherchait. Bon, pas besoin d’aide, tant pis, je pensais sournoisement que c’était peut-être l’occasion de finir au moins une fois devant lui. Je continuais avec le groupe jusqu’au ravitaillement peu après les 4km où je m’arrêtais pour prendre un verre d’eau. Le groupe était quelque peu éclaté et je repartais avec un ancien de l’AS Plouguin. Il s’ensuivait une côte dans laquelle nous nous tirions mutuellement avec l’ancien pour recoller aux échappés du groupe au 5ème kilomètre.

 

J’étais jusque là assez satisfait mais la côte que j’avais monté à bonne allure m’avait un peu entamé, ce qui n’était pas pour faciliter la tâche entre les km 5 et 6, car il s’agissait encore d’un sentier en sous-bois bien gras avec  toujours les même petits obstacles ainsi que quelques pont glissants à passer. Bien que court, ce passage a demandé de la concentration afin de ne pas se prendre une gamelle. Une brunette me passa comme une fusée. Je me demandais bien comment elle faisait pour ne pas se vautrer car je manquais de finir sur le cul à chaque appui, c’était limite énervant (Mumble sait-il toujours danser ?!).

 

En arrivant à nouveau sur du bitume, peu avant le 6ème km, nous tournions de 90° à droite et que découvrais-je ?  Une côte, courte, très courte, 60m à tout casser, mais une côte quand même. Et que fis-je ? Je dis au bénévole posté en bas dans le virage un « Ho ben là moi j’baisse l’pavillon » et je me mis à marcher d’entrée de jeu. Roo la honte … La pauvre côte en question était en bitume et pas si raide avec ça, bien plus facile que la côte du km 4. D’ailleurs, à la moitié de la côte, un revenant tout souriant me dépassait, Benoit, content d’avoir récupéré sa chaussure et aussi de me redoubler, quoiqu’il était perplexe et me demanda « Ça va ? Euh… Tu fais quoi là ? » . Et moi qui lui répondit « Oh ben moi j’marche, je n’peux pas courir moi là d’dans ». Rooo, double honte.

 

En haut, je me ressaisissais et me remettais à courir normalement. Je ne pouvais pas rattraper Benoit qui était plus rapide mais j’avais en ligne de mire une nana avec une casquette. Nous repassions dans les champs avec dans le 7ème km une longue ligne droite. Bigre alors, je n’arrivais pas à rattraper la fille. Nous arrivions dans le bourg de Guipronvel, ou après avoir longé le terrain de football, j’entendais des pas arriver rapidement derrière moi. Ah une fois mais pas deux me disais-je, et j’accélérais sur la toute fin de parcours pour ne pas me faire doubler par un concurrent, d’un âge très respectable en plus, qui faisait un superbe finish dans une partie en sous-bois toujours en bord de ruisseau. Ce faisant, à 100m de l’arrivée, devant les (pas très nombreux) spectateurs massés pour admirer la sortie du trou d’eau et remonter sur le chemin qui va à l’arrivée, je me prenais une magnifique gamelle dans l’eau (il y a même une photo quelquepart, à vous de trouver la chute). Plus de peur que de mal, je pouvais terminer les derniers 100m, et je l’ai fait au sens propre, mon Toul An Dour !

 

Maurice avait déjà terminé. Xavier arrivait une minute plus tard et nous nous retrouvions tous au jet pour se faire décrotter les jambes. Benoit était content et son patient encore plus, il avait le sourire jusqu’aux oreilles. Une fois rincés, nous prîmes avec Xavier la collation d’après course offerte au chaud, dans l’allée de boules couverte derrière la salle omnisports. Ça faisait vraiment du bien après une course fraîche et très… humide. Dans l’allée de boules, nous rencontrions une Goélopeuse qui attend un heureux évènement ainsi que son compagnon, qui s’il n’est pas Goélopeur est un champion bien connu des courses locales. Il a fait deux, il y avait encore un empêcheur de tourner en rond (aussi une célébrité locale, tout comme le vainqueur du 22km) venu contrarier la possible victoire. Pas grave, ce sera pour une prochaine. Une fois réchauffés, nous rentrâmes sur Brest.

 

J’ai vraiment bien aimé cette petite course nature d’un format similaire au petit Henchou Treuz à Plourin les Morlaix, simple et sans fioritures. Elle est vraiment toute indiquée pour ceux qui veulent découvrir la course nature. Attention tout de même car si elle est probablement très accessible lorsqu’il fait beau, elle l’est à mon avis beaucoup moins lorsqu’il fait une météo de cabinet comme c’était le cas. Mais bon, c'est aussi à essayer, il y en a comme moi qui aiment ça, la flotte, les terrains à surprises, patauger dans les mares, se décorer avec de la boue…

 

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