La gendarmerie démoralise Régis à Trévarez - 9 février 2014

Dimanche 9 février 2014

Encore un temps de merde la semaine précédent ce week-end, qui contraignait à l'annulation de courses, notamment sur les trails du Glazig et de Trévarez sur lesquels les Goélopeurs étaient présents. Ne prenant pas part à la sortie du trail costarmoricain, c'est à Trévarez que je me rendais, en compagnie d'Arnaud et Seb (avec la fusée rouge d'Arnaud). Le 22 km fut annulé mais un report sur le 13 km fut possible. Premières impressions le matin en arrivant sur place, il faisait beau et pas trop froid, alors que tôt le matin à Brest, des averses de grêle déversaient de véritables billes et n'encourageaient pas à sortir du lit. Décidément ces temps-ci, les coureurs du dimanche arrivent à passer entre les gouttes, liquides ou solides. Et puis il y avait du monde, beaucoup de monde, la météo n'avait pas découragé les inscrits, y compris ceux qui avaient prévu au départ de faire le long. C'est donc un gros peloton de presque 500 coureurs qui allait s'élancer sur le parcours, dont le tracé était légèrement modifié sur la fin et un peu plus long pour ne pas aller voir l'Aulne de trop près. Après avoir rencontré d'autres brestois, les Cavaleurs, et pris les dossards (pas mal le numéro d'Arnaud!), petit tour pour un échauffement. Des moutons et des chèvres pâturaient près des infrastructures du lieu de départ, un beau bélier noir heureusement attaché était un peu énervé avec tout ce monde et ces couleurs vives, et se montra assez menaçant lorsque nous le croisâmes au début de notre échauffement.

 

Après quelques tribulations et avoir fait reculer plus qu'à l'habitude les coureurs sur la ligne de départ, ce dernier était donné peu après 10h. Je partais en fin de peloton et décidais de doubler un maximum de monde rapidement. Ce faisant, je restais un temps derrière une jolie fille et son collègue vêtus d'un T-Shirt jaune pâle et d'un acronyme assez long, CSLGTV. Il s'agit du Club de Sports et Loisirs de la Gendarmerie de Ty Vougeret. Ayant vu un peu plus tôt dans la salle de départ l'un des titres du jour du Télégramme qui était "la gendarmerie n'a pas le moral", je trouvais que ceux-ci n'étaient en tout cas pas les plus mal lotis avec leurs jolies gendarmettes. Je finis par les doubler pour pousser plus loin et arriver enfin dans le dur après 1 km. La lente montée vers le château de Trévarez commençait, par du sentier boueux et plein d'eau. Le début fut pénible avec beaucoup de recherche d'appuis et de changements de rythme au gré des bouchons, certains passages nécessitant l'aide d'une corde. Au bout de 2 km chaotiques, nous arrivions dans les champs et les sapinières pleines de bébés sapins où le revêtement était meilleur, mais cela montait encore et toujours. 3 km... 4 km... et ça montait encore. Très peu de relances, quasi inexistantes même, c'était difficile, plus que l'an dernier. Pourtant, je connaissais ce parcours pour l'avoir emprunté à deux reprises sur le 22 km. Sur le haut, peu avant les 6 km au niveau de la route en contrebas du parc du château, j'arrivais presque au bout de mes peines quand je revis la mignonne du CSLGTV me passer sous le nez et dépasser tout le monde comme une fusée. Bigre, j'avais trop donné dans la montée et ne pouvais pas la suivre. Dans le lot, il n'y eut que son collègue gendarme capable de lui emboîter le pas. Hé ben pensais-je alors (tout bas !), "ici, ce n'est pas la gendarmerie n'a pas le moral, mais plutôt la gendarmerie casse le moral". Contrarié en plus d'avoir les mollets endurcis par la montée, j'allais sombrer dans la mauvaise foi et continuer la course avec une volonté de poulpe déshydraté. Si bien que dès le début de la côte en bitume qui amène au bas du parc du château, je m'étais mis à marcher (vous avez le droit de huer si vous voulez...). Sur le replat à l'entrée du parc, un gars revenant de l'arrière me sortit un temps de ma léthargie en ralentissant à mon niveau et en me demandant si Benj' n'était pas là. Ça c'était une sacré surprise. Je lui répondais que non et que nous n'étions que trois, que les deux autres, Arnaud et Seb, étaient très loin devant. Mais voilà l'autre qui me répondait "Bizarre, il m'avait dit qu'il venait...", et il continua son chemin (Benj', t'es une star jusqu'à Trévarez dis-donc !).

 

Je continuais aussi, toujours sans conviction. Dès la fin du replat à l'entrée du parc, nous devions longer le mur d'enceinte du parc en pierre côté Est. Pff !! Ca montait encore, et en plus le terrain était super lourd, un mélange de feuilles mortes et d'humus vachement humide et collant ! Heureusement que l'endroit était superbe. Nous revenions dans l'intérieur du parc sur des sentiers plus praticables et agréables. Enfin, le relief se calmait un peu, du moins temporairement, et le ravitaillement au niveau des écuries était bienvenu. Question course et objectif en temps, c'était niqué. Autant faire du tourisme (certains disent que de toute façon je ne fais que ça quand je cours)... Et du sadisme ! Je n'avançais plus depuis le 6ème km mais avais encore de l'énergie à revendre. Je n'avais donc trouvé rien de mieux à faire qu'un petit jeu à la con qui sape le moral (j'en ai été victime à plusieurs reprises sur d'autres courses, bien entendu...) : ce jeu consiste à marcher d'entrée de jeu dans une côte en faisant mine d'être complètement HS, et lorsqu'un coureur qui a fait l'effort tout au long de la côte arrive à votre niveau en faiblissant et haletant, vous redémarrez en courant tranquillement. Je fis ainsi mon petit con pendant toute la traversée du parc de Trévarez qui comprenait quelques dernières belles côtes. Je notais aussi lors de mon passage devant le château (côté Sud) qu'un carreau de fenêtre était cassé, peut-être avec la grêle ou la tempête (plus précisément, il s'agit de la dernière fenêtre à gauche, au premier étage, en excluant la tour).

      

Le 10ème kilomètre franchi, la descente du retour vers Chateauneuf du Faou commençait enfin. C'était l'occasion de se remettre à courir plus sérieusement, notamment pour essayer de rattraper le temps perdu entre les km 6 et 10. Comme d'habitude, la vraie descente commençait avec ce que j'appelle maintenant la piste noire : il s'agit du corridor assez raide qui descend entre les arbres à l'ouest du parcours, légèrement tournant, avec un revêtement glissant, voire ultra-glissant cette année. D'ailleurs, un des photographes s'était positionné au milieu du corridor, afin de mettre sur image l'éventuelle "gamelle of the year 2014" pour le trail de Trevarez. Je suis resté très prudent lors de cette descente et ne suis pas tombé, tant pis pour la photo. Après le corridor, nous passions à côté de l'étable de la ferme de Trévarez. Les vaches étaient très calmes et occupées à manger. Elles avaient droit en ce dimanche à un p'tit dej' tardif. Après une sapinière ou deux, nous revenions sur le bitume pour emprunter une route plus en amont que le chemin de halage habituel qui était peut-être inondé, l'Aulne étant toujours menaçant avec les récentes intempéries. C'était l'occasion de voir de plus près une maison équipée d'un vrai toit de chaume. Nous approchions de l'arrivée en empruntant le traditionnel final du trail de Trévarez, le sentier logé entre deux talus et parsemé à quelques endroits de citations gravées sur des tranches fines de troncs d'arbres. Je prenais ainsi le temps de noter l'une d'elles, d'Alphonse de Lamartine : "O temps, suspends ton vol, et vous heures propices, suspendez votre cours.". Moais, bof, vu que ma course était complètement naze, je n'avais plus envie de trop m'attarder en fait, j'avais hâte de rejoindre l'arrivée pour aller manger du chamambar. Et  ça me faisait surtout penser à la Martine, celle de la BD, dont nous avions ri avec Arnaud et Seb dans la voiture à l'aller après un énième détournement de la couverture de BD : "Martine en a plein le c.. de la Bretagne", en rapport avec la météo actuelle...

 

J'arrivais enfin, pas trop fatigué mais avec les mollets endoloris, après avoir réalisé une vraie course... de merde, c'est le cas de le dire. J'avais l'impression que pour Trévarez, j'entamais une série d'années paires nulles et d'années impaires à peu près correctes. Ceci dit, ce que j'étais venu chercher en venant à Châteauneuf du Faou, c'est un beau parcours, difficile, du chamambar à l'arrivée, et le lot remis à chaque coureur participant qui est franchement pas mal : un sachet de patates et une bonne bouteille de cidre (bon, y'avait pas les rillettes cette année). A l'arrivée, je retrouvais Arnaud et Seb qui évidemment commençaient à s'impatienter, et c'est là que j'appris la nouvelle la plus drôle de la journée. Arnaud, lors de son arrivée, a eu droit à un magnifique commentaire avec le speaker pour son arrivée : "Et voici le numéro érotique qui arrive ! Arnaud, des Goélopeurs !". Ben oui, le numéro de dossard d'Arnaud était le 69...

 

Après que mes compères me laissèrent me restaurer un minimum, retour vers Brest sous le soleil qui fut heureusement généreux en cette matinée. Encore un gros de coup de bol pour les coureurs du dimanche, car dès le dimanche soir, le mauvais temps allait revenir reprendre ses quartiers.

 

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