Le train-patates avec Régis - 17 mai 2015

La course du train-patates, 17 mai 2015, Landéda -> Plabennec
 

          RDV était donné dimanche matin peu après 8h au complexe sportif de Kerveguen à Plabennec, pour finaliser les inscriptions et prendre la navette jusqu'au lieu de départ à l'Aber Wrac'h en Landéda. Quatre Goélopeuses et Goélopeurs étaient présents le matin à Plabennec pour récupérer les dossards, Catherine, Marie LM, Wil, et moi. La météo était encore grise et fraîche. Une fois tout le monde prêt, nous prenions ensemble le car pour rejoindre le site du départ à l'Aber Wrac'h, l'occasion de discuter de multiples choses, comme l'histoire d'un jeune parti faire un marathon sans préparation aucune ni avoir couru plus de 20km auparavant, et terminer le dit marathon en 4h30. Plus très loin de s'inscrire dans la devise de Rémi Gaillard le jeune homme, enfin... Nous constations aussi la grande similitude avec le St-Pol Morlaix, une vingtaine de bornes en car pour revenir en courant, mais à un tarif inférieur à la moitié du prix d'inscription au St-Pol - Morlaix, oups ! 

          Arrivés à l'Aber Wrac'h, nous descendions du car près de l'abbaye Notre-Dame-des-Anges, presque au niveau de l'embouchure de l'Aber. Le cadre est magnifique mais ce n'est pas l'endroit où il y a le plus d'animation dans l'Aber-Wrac'h. Direction le port donc, en footing d'échauffement, histoire de voir un peu plus d'animation autre que la course et trouver les commodités permettant de vider la vessie avant la course. Après un petit tour du centre nautique où je vis brièvement Ludo d'Aber Wrac'h Plongée en train de  manipuler des bouteilles, il était déjà temps de revenir sur le lieu du départ.  C'était décidé, pour me faire pardonner de mon absence à Landerneau,  j'accompagnais Marie sur la course. Ma contribution commençait avec une aide au serrage de la ceinture porte-dossard et à un meilleur positionnement du tuyau de sac à eau pour un confort optimal. Compte-tenu de la distance à parcourir et connaissant le parcours pour l'avoir effectué l'an dernier sous une chaleur accablante, je ne doutais pas d'être utile pour aider Marie à arriver au bout dans les meilleures conditions. Après quelques discussions et avoir cherché en vain coach Seb qui devait normalement participer aussi, nous nous placions tous les quatre au départ à l'arrière du peloton en compagnie de nombreux premiers relayeurs du trio, dont la particularité était de courir avec une étiquette trio dans le dos, ce afin d'éviter de piéger les solo sur l'allure. Marie me faisait déjà rire au départ en me faisant part de ses commentaires sur les tenues de quelques coureuses. C'est vrai que nous avions Jelena Jankovic ou presque juste devant nous. 

          Le départ était donné à 10h, c'était parti dans le port de l'Aber Wrac'h, avec la musique du bagad au niveau du centre nautique. Catherine et Wil partaient devant tandis que nous prenions un rythme de 5'45s/km environ. Nous empruntions rapidement un chemin en montée, bordé d'un ruisseau sur la gauche. Il fallait se concentrer sur le rythme, chose pas facile à faire en ce début de course avec un trafic dense, et bien qu'ayant un rythme tranquille avec Marie, nous doublions des coureurs du trio, ce qui était pas mal et que je faisais remarquer. C'était mesquin mais une bonne façon de s'encourager. Après une première montée très correcte et un long virage sur la gauche, nous arrivions sur une longue portion de chemin en ligne droite et en léger faux-plat montant, avec en point de mire, Lannilis. J'indiquais à Marie que j'avais en fait trouvé deux lièvres pour mener l'allure, une fille et un gars des Korrigans de Lesneven avec leurs maillots mauves et blancs, qui m'avaient l'air aussi réguliers que des pendules franc-comtoises. Cette portion fut assez éprouvante l'an dernier avec beaucoup de poussière qui collait avec la sueur tant il faisait chaud. Cette année, la météo fut plus sympathique avec les coureurs grâce à des jours précédents moins secs. Et puis nous avions pas mal de monde devant nous ce qui nous permettait de ne pas subir l'image de la terrible longue ligne droite interminable. Le début de la ligne droite fut agrémenté "d'un passage à niveau", c'est à dire que les bénévoles avaient bloqué la route pour laisser passer le train, c'est à dire l'ensemble des coureurs élancés dans la course, le tout avec l'aide de la sono-deudeuche qui jouait le son d'une locomotive à vapeur. Parmi tous les automobilistes à l'arrêt, il était certain que tous n'appréciaient sans doute pas de patienter autant, ce qui me faisait marrer.

          Plus loin, toujours sur la ligne droite, des Cavaleuses nous dépassaient et je reconnaissais Annaïg. Il ne fallait pas s'alarmer, nous étions toujours sur un rythme correct et j'avais toujours en repère les Korrigans, quand à l'approche de Lannilis, la fille dut aller dans un champ n'ayant pas pris toutes ses précautions au départ, et je craignais alors que le gars qui avait continué change de rythme. Ça ne loupait pas, il avait nettement accéléré. Bigre, je me retrouvais un peu dépourvu pour mener l'allure, surtout pour tempérer la fougue de la jeunesse qui pouvait s'emparer à tout moment de Marie avec le risque de compromettre sa fin de course. Je dus alors être plus attentif, notamment aux sons de ventilation qui sont un bon indicateur, et parlais de temps en temps pour être sûr de ne pas aller trop vite. Ce dernier point ne posait pas trop de problèmes, Marie est assez bavarde. 

          Après déjà 6km effectués, nous étions arrivés à Lannilis, en mode très facile. A l'entrée du bourg, Marie me fit rire une seconde fois pour une histoire de Mojito, ça fait courir vite apparemment. Nous passions près de l'ancienne gare de Lannilis reconvertie en Office du Tourisme puis ce fut le premier ravitaillement. Mon acolyte munie de sa poche à eau continuait pendant que je m'arrêtais rapidement pour descendre un gobelet d'eau. Un peu plus loin, je dus m'arrêter une seconde fois avant de revenir, car je dus enlever un caillou logé entre les crampons de ma chaussure droite, qui ne me gênait pas pour courir mais faisait un bruit métallique désagréable en cognant contre le bitume. Depuis l'entrée dans le bourg, j'étais agacé de courir "comme un cheval à moitié ferré" et du bruit produit. Nous continuâmes en sortant de Lannilis par un rond-point pour arriver une centaine de mètres derrière un camion de ramassage du lait qui avait eu la permission d'emprunter une toute petite partie du parcours de la course pour rejoindre les fermes. Le camion continuait tout droit quand nous les coureurs tournions à angle droit dans un chemin. Marie me fit remarquer qu'une entorse au tracé du train avait sans doute été faite, car comment le train aurait-il pu faire un tel virage en son temps ?  C'était vrai et de bon sens, je ne m'étais même pas posé la question l'an dernier. Le parcours montait toujours, désormais en direction de Plouvien. Nous passions au 8ème kilomètre en 44', c'était très bien. Le parcours devint un peu plus bucolique au fur et à mesure que l'on se rapprochait de Plouvien. Il y eut aussi quelques endroits où tout était mis en oeuvre pour déboucher les narines et les sinus des plus enrhumés, avec à n’en pas douter du lisier de poule dans les champs. Beuuaarkk !! Cela ne nous distrayait pas trop heureusement et nous passions le 10ème kilomètre en 56'10s, ce qui fit bien sûr réagir Marie : "Quoi !! Comment !? Mais c'est vachement trop rapide ! A Landerneau j'ai mis 55' sur un 10km ! ». Tss, tss, tss, je lui répondais qu'elle avait mis environ 4’-5' de trop à Landerneau, je n'étais pas du tout inquiet. Nous passions le 11ème km avec un second ravitaillement perdu dans la cambrousse en suivant le même protocole qu'au premier ravito, puis le 12ème km avant d'entrer dans un sentier en forêt assez joli. Le sentier montait pas mal et c'était sans doute le lieu de ressenti des premières grosses difficultés pour de nombreux coureurs. Une concurrente s'étant blessée ou ayant eu un gros coup de mou attendait sur le côté un bénévole qui arrivait. Le sentier terminé, cela montait toujours en virage sur la droite, avec après le virage, une ligne droite toujours montante se dirigeant vers Plouvien, la seconde étape. Nous devions en être vers les 14-15km

          Pour la première fois depuis le début de la course, je sentis un peu de faiblesse chez ma partenaire. Cela se traduisit d'abord par la question "C'est quand que ça descend ?" à deux ou trois reprises dans les côtes. Puis, à l'approche de Plouvien, alors que nous commencions à ramasser quelques coureurs partis trop vite ou éclopés, et que certains coureurs marchaient, Marie me fit peur avec un "J'en ai marre !" lancé naturellement. Vite, je me plaçais comme obstruction visuelle devant un coureur fatigué qui marchait, connaissant très bien les conséquences de ce genre de vision communicative et encourageais Marie, le plat n’était plus très loin ainsi que le bourg de Plouvien avec l’ultime ravitaillement. Arrivés au bourg, surprise, Céline était là sur le dernier relais du trio et nous salua. Bref arrêt puis c’était reparti pour les 5 derniers kilomètres. A peine le bourg quitté, Céline nous dépassait comme une fusée pour filer sur Plabennec. Nous continuâmes notre chemin en parlant pour faire passer plus rapidement le temps et la distance. Les kilomètres défilaient ainsi plus facilement, agrémentés pour la plupart d’un « tchou-tchou ! » d’auto-encouragement. Je n’étais pas inutile dans cette dernière partie comportant encore du faux-plat montant et quelques bosses. Au 18ème kilomètre, c’était du tout bon lorsque nous attaquions la dernière côte, Marie ne flanchait pas. Nous redescendions temporairement avant de tourner à droite pour aller vers le stade de Keroriou. Restait une dernière bosse de 100m que je croyais être plus courte, et un tour de stade. Nous entrâmes sur le stade avec les encouragements de Wil puis commencions à accélérer progressivement sur le stade pour finir ensemble au sprint, en 1h50’ et quelques secondes. J’étais content, Marie était quant à elle un peu déçue de ne pas être descendue sous 1h50’ mais il fallait relativiser, c’était une très bonne perf’ sur un parcours tout en montée ou presque et comprenant du chemin, de quoi oublier les ratés du semi de Paris et de Landerneau. Et puis cela donnait une bonne indication pour les prochains temps à viser, entre 50’ et 52’ sur 10km, et 1h55’ sur semi (et en mettant des chaussures route quand il s’agit de route, n’est ce-pas ? ;-) ).  Nous retrouvions à l’arrivée Catherine (4ème SEF) et Wil arrivés environ 8’ avant. Nous n’étions donc pas très loin et avions réussi à conserver un rythme régulier tout au long des 19km.  

          Après un peu de restauration, nous nous dirigions vers le stand des lots. Chaque coureur reçut à l’arrivée un ticket pour retirer un petit sac dans lequel se trouvait un sachet de patates (of course!) avec son livret de recettes, une bière, des caramels au beurre salé, et une crêpe au chocolat Whaou. La classe ! Tout ça avec le trajet en car pour sept euros, la médaille et le T-Shirt doivent coûter cher sur le St-Pol Morlaix :-D  Un vrai succès cette course organisée par La Joie de Courir Plabennec, en coopération avec l’EOL Landéda et Le Souffle des Abers. Un panneau d’informations sur l’histoire du train-patates se trouvait à côté. Chacun ayant récupéré son lot, il était temps de rentrer pour profiter encore de ce très beau dimanche. Maintenant, place au jeu, place aux 24h de trail !!

 

 
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