La corrida avec Régis

 

Dimanche 25 mars à Landerneau, soleil et grosse chaleur au programme pour un retour sur course sur route après les nombreuses courses nature de l'hiver, avec un circuit plat dans l’ensemble, de 2 boucles de 4km et une dernière petite boucle de 2km dans le centre-ville de Landerneau. Même pas un mois et demi plus tôt à Trévarez, le thermomètre affichait -7°C quand ici la température atteignait 23°C... Je transpirais à grosses gouttes après avoir à peine trottiné sur quelques centaines de mètres effectuées en guise d'échauffement et pour aller récupérer le dossard.

 

Je retrouvais Denis sur la ligne de départ située rive gauche dans le centre de Landerneau. L'un comme l'autre, nous n'étions pas en grande forme et nous ne pensions pas faire des chronos extraordinaires. Pour ma part, je visais 46' et c'était l'occasion d'étrenner mes chaussures neuves (une mauvaise idée...). Juste avant le départ, malgré un soleil et une chaleur déjà de plomb, l'ambiance aussi était plombée, les organisateurs annonçaient deux minutes de silence à respecter suite aux évènements qui avaient agité le pays dans les deux semaines précédentes. Ces deux minutes n'étaient que très moyennement suivies, il fallait avoir l'oreille fine pour décoder la sono de piètre qualité qui sortait des bribes de paroles absorbées par l'Elorn tout proche. 

 

Avec Denis, nous nous trouvions assez loin derrière la ligne de départ, parmi les derniers du peloton. A 15h30 pétantes, top départ. Comme toute course sur route avec beaucoup de concurrents, ça partait doucement et en accordéon sur les 200 premiers mètres puis ça partait au taquet. Denis partait devant moi et je le voyais slalomer facilement tandis que je peinais à doubler et à le rattraper. Peu après la traversée du pont nous amenant sur l'autre rive, les bénévoles proposaient déjà des verres d'eau. Etonné, je lançais un "Pas déjà quand même ?" à Denis qui était surpris lui aussi, même si des concurrents prenaient la peine de descendre un gobelet. Au bout d'1km fait en 4'40, j'avais déjà très chaud, même à l'ombre dans les rues du centre de Landerneau. Le second kilomètre était lui fait en 4'16, je m'emballais un peu mais l'objectif était de rester en 4'30. Pas évident de conserver un rythme stable compte-tenu du trafic et du circuit qui tournait pas mal. A l'Est du circuit, je ne prenais pas la peine de prendre ce qui était le premier ravitaillement, et j'accomplissais les km 3 et 4 en chacun 4'27 en redescendant vers la ligne de départ. J'avais rattrapé puis doublé Denis, ainsi qu'un poussin et une nonne, en fait deux pompiers du coin déguisés qui ont dû avoir très, très chaud (le poussin avec son duvet et la nonne toute de noire vêtue…).

Cependant, dans le cinquième kilomètre, et bien que non déguisé, je commençais à souffrir sérieusement de la chaleur. Je ne pouvais omettre le ravitaillement cette fois-ci et je prenais un gobelet, sans toutefois réussir à le boire en courant ni même en trottinant, au risque de perdre toute l’eau ou de boire de travers. Certains réussissaient à le faire quand d’autres, tels des pélicans, avalaient tout le contenu en un gloup. J’essayais moi aussi la seconde solution avec succès (ça marche aussi avec les goélands) et je repartais du ravitaillement, toujours devant le poussin, la nonne et Denis. Le 5ème km avait été effectué en 4’43 et j’essayais d’accélérer dans le 6ème kilomètre pour revenir à une moyenne globale de 4’30.

Comme ce n’était pas assez avec la chaleur voilà que mes pieds me jouaient aussi un vilain tour : mes durillons commençaient à me faire mal, je n'avais pas été très malin de courir avec des chaussures neuves. Malgré un 6ème km fait en 4’28, le rythme baissait inévitablement, déjà qu'avec mon état de forme et la chaleur ma foulée n'était pas terrible, digne en amplitude et en vitesse de celle du poussin. Je me faisais doubler dans le bourg par la nonne, qui comme plaisantait un autre concurrent, avait probablement bu de l'eau bénite. Autre fait marquant dans le bourg à ce moment, les premiers concurrents arrivaient  déjà, et je restais ahuri devant la façon dont des journalistes à moto invectivaient les derniers concurrents rattrapés tandis qu’une moto avec un commissaire de course suivait les deux premiers... L’un des désagréments classiques d’une course à enjeu comme c’était le cas pour cette corrida, support du championnat de Bretagne avec la présence de nombreux champions. Peut-être qu’à l’avenir il faudra penser à faire en sorte que les derniers ne soient pas rattrapés par les premiers.

Mon mal de pieds augmenta encore et me fit ralentir jusqu'à marcher pendant une trentaine de secondes, peu avant le ravitaillement situé à l'Est du circuit. Denis me redoubla en lançant un « Ah, Régis !? » et prit une cinquantaine de mètres d’avance après le ravitaillement. Les km 7 et 8 étaient effectués laborieusement en 5’08 et 5’38. J’avais l’impression de me bruler le pied à chaque pas et je commençais franchement à tirer la tronche, pire qu’à Trévarez. Je m’arrêtais de nouveau au ravitaillement situé à l’Ouest du circuit, le dernier avant d’effectuer la dernière boucle de 2km. En plus d’avoir avalé deux gobelets, j’en prenais un troisième pour m’arroser la tête avant de repartir.

J’avais toujours Denis en point de mire qui était 100 m devant.  Je faisais l’effort en serrant les dents pour revenir à sa hauteur dans le 9ème kilomètre. Denis ne devait pas non plus être au mieux si j’avais réussi à le rattraper. Le 10ème kilomètre que nous fîmes ensemble était réalisé en 4’49 plus un début de 11ème kilomètre en 1’19 selon ma montre (comme quoi ce n’est pas super précis, ou je fais trop de zigzags…).  Nous franchîmes ensemble la ligne d’arrivée en 49’, alors que chacun nous visions plutôt un temps vers les 45’. Malgré cette contre-performance, c’était un beau tir groupé des Goélopeurs et il était intéressant de constater à quel point des détails pouvaient faire changer un chrono de quelques minutes.

 

En impression générale, malgré le soleil et les nombreux spectateurs, bof, bof, pas pour moi en fait, car je n’ai pas eu le temps de faire un peu de tourisme comme à mon habitude, ce qui est dommage, le centre-ville de Landerneau étant joli. C’est par contre une course qui doit ravir et devrait ravir tous les cross(wo)men. J’ai ressenti cette corrida comme étant le pendant sur route d’un cross, avec un circuit en boucles assez tournant, une nécessité de se mettre tout de suite en rythme et d’être à bloc tout le temps. C’est d’ailleurs un crossman normand, Mokhtar Benari, qui a remporté l’épreuve.

 

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