An Henchou Treuz vu par Régis

 

Compte-tenu de l'arrivée des beaux jours, les compte-rendus de courses devaient se faire beaucoup plus discrets, en tout cas au moins jusqu'au TBM en juillet. Mais il y parfois des surprises, et il n'est pas exclu qu'un CR ou deux tombent encore avant celui du TBM.

Ce n'était pas du tout prévu à mon programme. Je restais contrarié de ce week-end où une foutue dépression m'avait privé de plongée le dimanche, une dépression qui en plus s'était déplacée d'Est en Ouest, avec pour commencer un fort vent de Nord et le dimanche, puis le "trou" dépressionnaire, et enfin pour finir, du Suroit et du Sud le lundi. Bref, le monde à l'envers, il ne manquerait plus que les dépressions tournent en sens horaire dans nos latitudes et que le soleil se lève à l'Ouest... En ce mardi matin, je pouvais encore aller plonger, d'autant plus que malgré les récentes intempéries, l'eau est étonnamment claire (visi de 5 m dixit des plongeurs parisiens, donc il y a bien 7m de visi). Mais non, j'avais besoin de me défouler, toujours contrarié du dimanche où au lieu de rester à discuter si c'était plongeable ou pas (ça ne l'était clairement pas...), j'aurais pu aller au choix courir avec Arnaud et Jean-Paul aux foulées landernéennes ou encore aller participer à la Rando Muco à Belle Isle en Terre.

Direction Plourin Les Morlaix, donc, pour aller participer au trail An Henchou Treuz. Ça tombait bien, je souhaitais participer à cette course depuis un moment, le dégradé de l'affiche depuis les boutou coat remplis de paille vers les chaussures de running modernes m'a toujours plu et les échos obtenus ici et là ont toujours été très bons. En plus, une partie des bénéfices a toujours été reversée pour la bonne cause à une association, et après avoir successivement aidé, l'opération un bouchon un sourire (www.1bouchon1sourire.com), une association de victimes de la sclérose en plaque (http://afsep.fr), puis pendant 3 ans, l'association "Le Sourire d'Elodie" (petite fille atteinte d'une maladie génétique rare, http://lesouriredelodie.free.fr), c'est au tour de l'association "Main dans la main pour Stécy" (une autre petite fille également atteinte d'une maladie génétique rare, http://fr-fr.facebook.com/pages/main-dans-la-main-pour-st%C3%A9cy/131974640237697 ) que le Redeg 29 et les participants du trail An Henchou Treuz peuvent donner un petit coup de pouce.

Arrivé à Plourin avec mes sous, mon certif' et mes épingles, je filais à la salle omnisports pour aller prendre un dossard. J'avais le choix, faire le 19km ou faire le 7km ? Je n'avais pas mis longtemps à choisir : je n'avais pas mes protections habituelles pour les tétons et en ce jour, la prépa TBM devait démarrer le soir même. Et Coach Seb n'aurait pas été très très content d'apprendre mon inscription sur le 19km : "Encore une excuse pour ne pas faire de fractionné !". Direction la table des inscriptions du 7km. J'avais tout le temps pour fixer mon dossard et aller m'échauffer pas loin du podium. L'heure du départ approchant, je me dirigeais vers le car-podium d'où le président du Redeg 29 formulait ses recommandations à propos du parcours, puis direction la ligne de départ en papotant avec quelques connaissances plouganistes. Je savais que ça allait partir vite, il n'y avait que 7 km à parcourir et pour une fois je m'étais bien échauffé afin de ne pas rester grippé au départ. Par contre je n'avais pas ma montre et appréhendais un peu de courir à la sensation. C'est dingue la dépendance que l'on peut avoir vis à vis de ces machins... Autant j'ai largement assez de bouteille en plongée à l'air pour pouvoir évoluer sans le moindre instrument (enfin, sans les regarder du tout, sinon je vais m'attirer des ennuis...), autant il m'est impossible en course à pied d'estimer mon allure et je suis obligé de regarder régulièrement ma foutue montre GPS.

Je m'étais encore placé en fond de peloton, mais la route était assez large pour que tout le monde resta assez proche de la ligne. Le top départ était donné. Tout de suite j'essayais de courir sur un rythme élevé, doublant pas mal de monde dans les premiers 400m. En me frayant un passage pour doubler, je manquais de faire tomber un concurrent en lui touchant l'arrière du pied avec mon bout de chaussure et m'excusais aussitôt. Après avoir parcouru les 400 premiers mètres de bitume et traversé le complexe sportif de Plourin, nous entrâmes dans le vif du sujet, en plein accord avec le nom du trail, en empruntant du chemin. J'avais pris un départ canon car je voyais toujours le premier. Bon, il était quand même une bonne centaine de mètres devant. Le début de parcours assez facile était plutôt plat et en descente à certains endroits. Sur une portion sableuse, un p'tit père d'un certain âge avec des jambes super courtes me doublait et je pris un temps sa foulée, rigolant dans ma tête à chaque fois qu'il arrivait à hauteur d'autres concurrents beaucoup plus grands et avec des jambes bien plus grandes : lorsque chaque grand se faisait doubler par celui que j'appellerai le "nain", le grand concurrent soupirait plus qu'il n'expirait, tellement dépité de ne pouvoir faire tourner ses jambes plus vite et de voir le "nain" leur mettre la pâtée. Je ne suis pas bien grand non plus, et j'imagine bien le découragement de certains quand ils se sont fait doubler par deux nains à jambes courtes. Comme c'est mesquin, mais comme ça fait du bien. Allez les nains !!
 
Bizarrement, malgré la pluie du dimanche et de la semaine précédente, les chemins n'étaient pas très gras. Je laissais filer monsieur petit qui décidément courait très  vite. J'avais tellement bien démarré dans le premier kilomètre que je ne savais pas trop que faire et craignais d'être en surrégime. Je ralentissais un peu et me faisait doubler par quelques concurrents dans une portion un peu plus technique, du chemin terreux irrégulier, un peu de chemin creux et un peu de sous-bois, le tout pour descendre vers le Jarlot encore au stade de ruisseau, qu'un joli petit pont romain nous permettait de franchir. Comme pour le trail An Tan, les chemins étaient ici aussi garnis de nombreuses fleurs bleues. Je repartais sur un meilleur rythme après le petit pont pour attaquer la légère côte de l'autre rive qui nous emmenait sur le bas de Coatélan. Après un virage à gauche, une descente longue mais peu prononcée nous emmenait vers l'unique ravitaillement où des souriantes bénévoles offraient la boisson. Nous étions déjà à mi-course. Je prenais le temps de boire un verre d'eau avant de repartir derrière plusieurs concurrents au taquet qui ne s'arrêtèrent pas, enfin, je choisissais surtout de repartir plutôt derrière des concurrentes, étant un peu le Jean Claude Dusse de la course à pied, qui si jusqu'à présent il a réussi à conclure toutes ses courses, n'est encore jamais parvenu à conclure pendant une course... Je continuais la descente pour arriver encore sur un petit pont en pierre passant au-dessus d'un ruisseau affluent du Jarlot, puis sur un pont plus moderne au-dessus du Jarlot, au fond de la vallée. 


Il fallait maintenant remonter, par un chemin en terre large et un peu humide au début, puis par une sorte de chemin creux. Après 300m de course, malgré plusieurs facteurs de motivation (pour ceux qui ne comprennent pas, ce n'est pas grave ...), je me mis à marcher, pêchant une énième fois par fainéantise. Ça devient récurrent et de pire en pire à chaque fois... Même en présence de facteurs de motivation, ça devient grave. Est-ce que quelques bonnes séances de côtes à Kervallon solutionneront le problème ? 


Ce n'est qu'une fois arrivé en haut du chemin sur le bitume que je pouvais à nouveau recourir pour faire les deux derniers kilomètres.  Je rattrapais une concurrente qui m'avait doublée mais décidais d'être galant en l'accompagnant pour les 400 derniers et en la laissant passer devant à l'arrivée. Pour le temps, hé bien je ne savais pas, mais ça ne devait pas être terrible compte-tenu de la marche dans le 5ème kilomètre. Je me dirigeais vers la salle omnisports pour prendre un bon thé et avoir aussi une bonne surprise : nous nous sommes reconnus avec un concurrent du trail An Tan qui a lu le précédent compte-rendu que j'avais rédigé. Chouette, ça marche ! Un peu de pub pour les Goélopeurs ! Manque plus que de gagner quelques courses hein, mais ça ce n'est pas moi qui vais le faire.

En tout cas, ce petit An Henchou Treuz 7 km fut une jolie balade en ce 1er mai, très accessible, la seule difficulté n'étant que la côte dans le 5ème kilomètre. Il n'y a plus qu'à essayer de faire le An Henchou Treuz classique l'année prochaine si l'emploi du temps le permet.

 

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