Pieds et chaussures

  Le pied est une mécanique de précision. En effet, il comprend 26 os, 16 articulations, 107 ligaments et 20 muscles. Il est notre moyen de déplacement et doit être au centre de toutes les attentions du coureur.

 Comme il heurte le sol entre 500 et 1250 fois par kilomètre, il est indispensable de bien le chausser. A ce propos, voyons les différents mouvements de pieds.

 

  • Le pied universel (40 à 45 % des cas)

Un coureur à l'appui universel commence le mouvement de déroulé par l'extérieur du talon. Avant d'arriver au sol, le pied est toujours incliné vers l'extérieur. Rapidement, l'appui progresse vers l'avant et l'intérieur du pied. Alors que l'appui arrive sur l'avant du pied, le mouvement de déroulé de l'extérieur vers l'intérieur continue de progresser. La force finale est donnée principalement par le gros orteil. Au dernier moment, le pied peut légèrement se rouvrir sur l'extérieur. Au total, le déroulé de pied au sol, pendant un footing lent, aura duré ¼ de seconde.

 

 

  • Le pied supinateur (10 % des cas)

Dans ce cas, le pied tourne, selon son axe longitudinal, vers l'extérieur du corps. Le bord interne du pied a tendance à s'élever alors que le bord externe s'écrase sous le poids du corps.
Comme pour le mouvement universel, le déroulé débute sur la partie externe du talon. Mais ensuite, au lieu de revenir sur l'intérieur, il longe le bord externe du pied pour finalement marquer un retour sur l'intérieur en phase finale.

 

 

  • Le pied pronateur (40 à 45 % des cas)

En ce qui concerne la pronation, le déroulé commence, là encore, par l'extérieur ; mais rapidement, le mouvement de bascule sur l'intérieur s'enclenche et amène le poids du corps au-dessus du bord interne du pied. Le mouvement termine de manière marquée sur le gros orteil. Compte tenu de l'attaque externe, un talon usé à l'extérieur ne signifie nullement une supination. Ce qu'il convient de voir, c'est avant tout l'avant de la chaussure.

 

 

Comment définir la morphologie de son pied ?

  • En demandant l'avis d'un partenaire de course : pour une bonne lecture, le sol doit être plat afin d'observer notamment comment se produit la bascule de la cheville. Le partenaire doit se placer derrière vous, le temps de quelques foulées et il pourra, si son oeil est aiguisé, dire de quelle manière se font l'attaque (prise de contact du talon avec le sol) puis le déroulé du pied, jusqu' la phase de propulsion.
  • En se fiant à l'usure des chaussure : si la semlle est plus marquée sur l'intérieur de la chaussure, le pied est dit pronateur. Il est supinateur si elle est plus usée à l'extérieur. Enfin, si l'usure est centrale et uniforme, le pied est dit universel.
  • En regardant vos orteils : le pied est dit "grec" si le pouce est plus court que l'index ; dans la cas contraire (majorité des cas), il est dit "égyptien".
  • En consultant un podologue du sport : outre des conseils basiques de pédicurie, comme la bonne coupe des ongles ou l'entretien des pieds avant et après une compétition, il est à même de déterminer l'exact type de chaussure qui correspond à votre pied, à votre morphologie et à votre foulée. Il dispose pour cela d'un arsenal technologique important et de plus en plus précis.

 

Ci-dessous, un schéma permettant de définir votre type de pied et d'observer l'usure de vos chaussures en fonction du mouvement des pieds.

Quelle chaussure en fonction de la morphologie de mon pied ?

  • Si vos pieds sont universels, orientez vous vers des chaussures pour pieds universels afin d'obtenir une stabilité parfaite.
  • Si vos pieds sont pronateurs, il faut évidemment choisir des chaussures pour pronateur voir hyperpronateur dans le cas où la pronation est très accentuée. Si la pronation s'avère trop importante, il faudra envisager avec votre podologue, le port d'orthèses plantaires thermoformées sur mesure. Elles permettront de corriger et rétablir l'équilibre de la foulée. A la fois amortissantes et correctrices, les orthèses agiront sur l'ensemble des chaînes de l'appareil locomoteur.
  • Si vos pieds sont supinateurs, il faut choisir un modèle adapté pour pieds suinateurs. A défaut (modèles plus rares) des chaussures pour pieds universels peuvent convenir. Dans le cas d'une supination importante, l'avis d'un podologue doit être envisagé.

 

Une fois vos chaussures choisies, rappelez vous que :

  • leur durée de vie se situe entre 1000 et 1500 km. A partir du millier de kilomètres, il faut régulièrement traquer l'usure du cramponnage, un éventuel écrasement de la semelle intermédiaire (plis d'usure), une ouverture malléolaire ou des déchirures dans la partir haute (au niveau de la tige). On peut aussi réaliser des tests simples comme celui de l'essorage : si l'on arrive à tordre la chaussure dans sa diagonale, celle-ci doit ensuite retrouver instantanément sa forme initiale.
  • il est conseillé d'utiliser des chaussures adaptées à chaque type de sortie, autrement dit de dissocier entraînement et compétition. L'idéal est de disposer pour l'entraînement de chaussures plutôt rigides, amortissantes et confortables. Pour la compétition, on privilégiera le critère de légéreté. Dans le premier cas, elles pèseront entre 300 et 400 g, entre 150 et 280 g dans le second. Il faut aussi garder à l'esprit que plus la chaussure est légère, plus sa durée de vie est courte.
  • il n'y a pas de chaussure idéale. Chaque pied est différent, par sa morphologie, son poids, sans parler de sa façon de courir. L'important est donc que chaque coureur puisse trouver la chaussure qui lui convient le mieux. Et pour cela, rien de mieux que d'essayer plusieurs modèles.

 

Prenez soin de vos pieds !

 

Source  - Jogging International - Mars 2010

 

 

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